La République centrafricaine ne possède pas de système de traditions uniforme à l’échelle nationale. Le sango (Sango) et le français sont les langues officielles, tandis que de nombreuses communautés ont leurs propres récits, chants, danses, cérémonies et modes de transmission. Les groupes documentés comprennent notamment les Gbaya dans l’ouest et le nord, les Banda dans le centre et l’est, les Zandé, Yakoma et Nzakara dans l’est, ainsi que les Mboum, Karé, Kaba et Dagba dans le nord. Les communautés aka (Aka) vivent notamment dans la Lobaye et la Sangha-Mbaéré ; des communautés peules sont également présentes dans les régions pastorales. La musique aka associe une polyphonie contrapuntique à quatre voix à des formes spontanées et improvisées. Les instruments typiques comprennent l’Enzeko, le Geedale-Bagongo et le Mbela ; les célébrations et cérémonies comprennent également des battements de mains et des danses. Les enfants apprennent tôt ces formes d’expression en participant à la vie communautaire. Elles sont pratiquées notamment lors de l’inauguration d’un nouveau camp, aux funérailles et aux rassemblements communautaires. Cet élément de la culture aka figure depuis 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Le sous-groupe banda des Ango-Broto, dans la préfecture de la Ouaka, possède une forme de fanfare utilisant des cors dont on joue de côté. Ces cors sont fabriqués à partir de racines d’arbres fruitiers ou de cornes d’animaux sauvages. Une initiation autrefois associée à l’âge de cinq ans durait trois mois et enseignait également la fabrication des cors et des costumes de danse. Aujourd’hui, cette initiation n’a lieu que rarement ou sous une forme réduite ; les cors et les danses continuent d’être utilisés lors de cérémonies officielles, de défilés, de mariages et de funérailles. La tradition ango-broto a été proposée en 2011 pour figurer sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’UNESCO, ou a été examinée dans le cadre de cette procédure, mais cela ne doit pas être confondu avec une inscription sur la Liste représentative. Aucun calendrier uniforme des fêtes annuelles à l’échelle nationale n’a été suffisamment documenté. Les occasions récurrentes sont plus souvent liées aux rituels, aux funérailles, aux mariages, aux événements officiels, ainsi qu’à des festivals et foires particuliers. Les pratiques familiales, claniques et communautaires peuvent varier considérablement selon la région. Les influences chrétiennes, les migrations, la déforestation, la diminution des populations animales sauvages, le vieillissement des détenteurs de savoirs, le VIH/sida et les pandémies transforment certaines traditions ; les communautés aka sont également confrontées au risque supplémentaire d’être folklorisées à des fins touristiques. La transmission se fait principalement de manière informelle au sein des familles et des communautés, par les chefs et les détenteurs et gardiens des traditions concernées. La Direction générale de la Culture et du Patrimoine, la Direction du patrimoine culturel et les services responsables de la culture traditionnelle et du patrimoine culturel immatériel sont chargés de la protection et de la documentation. Les traditions aka bénéficient également du soutien d’un centre de référence, d’un comité local, de gardiens des traditions, de programmes d’alphabétisation, d’ateliers et de festivals. Tout inventaire devrait être participatif et nécessiter le consentement de la communauté concernée ; aucun modèle général d’accès ou de frais à l’échelle nationale n’a été documenté. La Constitution de 2023 protège la diversité culturelle, le patrimoine national ainsi que les droits des groupes vulnérables et des minorités. La Charte culturelle de 2006, le règlement de 2009 sur la protection du patrimoine culturel et un arrêté de 2003 relatif à l’utilisation commerciale et à l’exportation des traditions orales des minorités culturelles fournissent des références juridiques supplémentaires. Toute personne qui documente, présente ou exploite économiquement une tradition devrait donc vérifier le consentement de la communauté qui en est gardienne et les exigences des autorités culturelles compétentes.
Les traditions en République centrafricaine
Les traditions en République centrafricaine comprennent des coutumes transmises oralement, de la musique, des danses, des cérémonies, de l’artisanat et des formes de vie sociale. Elles varient fortement entre les communautés ethnolinguistiques et les régions. Les traditions aka dans le sud-ouest et les traditions ango-broto dans la préfecture de la Ouaka sont particulièrement bien documentées.
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