Dans le débat public gabonais, les expressions françaises « vivre-ensemble » et « cohésion sociale » désignent souvent la coexistence pacifique et la cohésion sociale. Le pays dispose d’un cadre officiel mais fragmenté, plutôt que d’une institution nationale unique chargée des relations de voisinage. Les communes et les mairies gèrent les affaires locales, tandis que les conseils départementaux ont également des compétences constitutionnelles. Une réforme de 2025 vise à transférer davantage de pouvoirs et de ressources aux autorités locales, mais sa mise en œuvre concrète varie. Rien ne permet d’établir l’existence d’un système national uniforme de conseils de quartier ou d’un équivalent direct d’une maison de quartier allemande. La Constitution de 2024 protège l’égalité sans distinction d’origine, de race, de sexe, d’opinion ou de religion. Elle interdit la discrimination raciale et ethnique, la discrimination religieuse et la propagande régionaliste. Elle protège aussi la liberté d’association, de réunion pacifique et de religion, ainsi que le domicile et la propriété. Les devoirs civiques comprennent le respect des lois et des règles, la protection du patrimoine national et des biens publics, ainsi que la préservation de l’environnement. Ces protections s’appliquent parallèlement aux restrictions liées à l’ordre public et aux droits d’autrui. La population peut soutenir la coexistence locale par l’intermédiaire d’associations, d’ONG, de communautés religieuses, de syndicats et d’initiatives communautaires. Les consignes gouvernementales pour enregistrer une association mentionnent une demande adressée au Ministère de l’Intérieur, des statuts, un règlement intérieur, les listes des membres fondateurs et des membres du bureau en quatre exemplaires, ainsi qu’une enveloppe timbrée. Les informations publiées par le gouvernement indiquent également un montant d’environ 10 000 FCFA pour la publication au Journal officiel. Elles précisent qu’une association peut commencer ses activités avant de recevoir son récépissé, mais les démarches et délais de traitement peuvent varier selon les cas. Une coopération communautaire informelle peut exister sans avoir le statut juridique ni les pouvoirs d’une organisation enregistrée. Les rassemblements, manifestations et défilés dans l’espace public sont soumis à une autorisation préalable en vertu de l’article 22. Selon le type et le lieu de l’événement, l’administration ou le Ministère de l’Intérieur intervient. Des recours administratifs ou judiciaires sont signalés comme possibles en cas de contestation d’une décision. Des rapports sur les droits humains ont exprimé des préoccupations quant aux effets pratiques du passage d’un régime de déclaration à une autorisation préalable, notamment aux retards ou aux restrictions possibles. À Libreville, la mairie est chargée des voies et lieux publics ainsi que de l’assainissement. L’arrêté municipal 001/2000 impose aux propriétaires et aux locataires de maintenir propres la concession, la façade, les trottoirs et les caniveaux. Il interdit de jeter ou de brûler des déchets, d’uriner dans les espaces publics et de déverser des eaux usées dans la rue. Des campagnes municipales de sensibilisation et des actions de rétablissement de l’ordre urbain soutiennent ces règles, mais leur application ne doit pas être présumée identique en dehors de Libreville. Les conflits peuvent être portés devant la police, le Ministère de la Justice ou les tribunaux. La conciliation, la médiation et l’arbitrage sont reconnus ou se développent comme moyens de régler les différends, mais la médiation civile reste un domaine de réforme et de consultation, et les éléments disponibles ne permettent pas d’établir une structure nationale uniforme de Maisons de Justice. Une médiation traditionnelle peut être proposée localement par des chefferies traditionnelles, mais leur cadre juridique n’est pas unifié et un projet législatif de 2026 ne leur confère pas encore d’autorité publique autonome. En cas de violence, de menaces ou de danger pour des enfants vulnérables, une médiation informelle ne remplace pas la protection assurée par la police, les services sociaux ou la justice. Le Gabon compte des communautés gabonaises et étrangères, de nombreuses langues nationales, et le français comme langue officielle de l’administration publique et des échanges plus larges. Les groupes autochtones mentionnés dans des rapports internationaux comprennent les Baka, Babongo, Bakoya ou Baghame, Barimba, Akoula et Akwoa. L’interdiction légale de la discrimination n’efface pas les lacunes concrètes qui touchent la reconnaissance, l’enregistrement des naissances et la protection des enfants vulnérables. Le tribalisme, la xénophobie, les discours haineux et la désinformation peuvent accentuer les tensions sociales. La campagne « Gabon contre la haine » réunit des autorités publiques et des partenaires internationaux, notamment l’UNESCO, le PNUD, l’UNOCA et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). La protection de l’enfance est une priorité nationale, même si l’application des règles, les ressources et la coordination restent inégales. Des unités de police adaptées aux enfants sont présentes dans 54 communes, et environ 300 policiers avaient suivi une formation correspondante en 2024. Le C.A.P.E.D.S., à Libreville, accompagne les enfants en situation sociale difficile. Toute personne confrontée à des violences ou à une menace grave devrait contacter la police, les services sociaux ou la justice au lieu de s’en remettre uniquement à un règlement informel. Les éléments disponibles ne montrent pas de modèle national de cohabitat ou de gestion de quartier formellement organisée au Gabon. Dans les logements locatifs, familiaux ou partagés, la coexistence dépend généralement des règles de logement, d’urbanisme et d’hygiène, des responsabilités convenues et de la médiation locale. Les matitis sont des quartiers urbains informels ; les questions portant principalement sur le logement, le foncier ou la location relèvent du domaine du logement, tandis que le présent sujet porte sur les relations et les règles partagées dans ces contextes. La coexistence numérique est encadrée par la loi 025/2023 sur les données personnelles et la vie privée, ainsi que par la loi 027/2023 sur la cybersécurité et la cybercriminalité. La CNPDCP est l’autorité chargée de la protection des données, et certaines opérations de traitement nécessitent des formalités préalables ou des déclarations. Les systèmes ont des obligations de sécurité, certaines données et certains éléments de trafic peuvent être conservés pendant dix ans, et l’usurpation d’identité ou l’accès non autorisé sont interdits. En cas de réclamation liée aux télécommunications, il faut d’abord contacter le fournisseur de services ; le dossier peut ensuite être soumis à l’ARCEP. DQoS Gabon permet de signaler la qualité d’un service ou des incidents, et le numéro court 1331 a été réactivé. Les discours haineux et la désinformation en ligne peuvent nuire à la cohésion sociale comme à la vie privée des personnes.
Vivre ensemble au Gabon
Au Gabon, le vivre-ensemble repose sur des règles, des pratiques et des négociations qui façonnent la vie quotidienne entre différentes personnes dans les quartiers, les ménages partagés et les espaces publics. La Constitution protège notamment l’égalité, la liberté d’association, de réunion pacifique et de religion, tout en interdisant la discrimination et la propagande régionaliste. Les autorités municipales, les associations, les communautés religieuses, les chefs traditionnels et les accords locaux informels y contribuent, mais leur portée diffère entre Libreville, Port-Gentil et les provinces. La communication numérique, les règles d’usage de l’espace public, le règlement des conflits et la protection contre la violence sont des aspects centraux de la coexistence quotidienne.
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