Au Gabon, le français est la langue habituelle de la correspondance gouvernementale, des lois, des institutions publiques, de l’enseignement formel et de la plupart des milieux professionnels. Il sert aussi de principale langue de communication entre les personnes appartenant à différentes communautés linguistiques. La Constitution de 2024 désigne le français comme langue officielle de travail et impose à l’État de protéger, de promouvoir et d’enseigner les langues nationales. Elle établit également l’égalité et la non-discrimination fondées sur l’origine ethnique. Cette protection constitutionnelle ne confère pas aux langues nationales le statut de langues co-officielles et aucun dispositif national ne garantit la communication avec chaque autorité publique dans une langue nationale ni la mise à disposition d’interprètes selon une règle uniforme. Le Gabon compte environ 50 langues nationales, dont la plupart appartiennent à des groupes de langues bantoues. Parmi elles figurent le fang, le bakota ou kota, le mbédé, l’okandé, le myéné ou omyene, le mérié, le punu ou ipunu et le nzebi. Plusieurs groupes comprennent des variétés régionales : la langue parlée dans une province ou une communauté peut donc différer d’une autre variété portant un nom apparenté. Le baka est une langue non bantoue parlée principalement dans le nord et considérée comme vulnérable. Le koya est utilisé dans le nord-est. L’urbanisation a renforcé la place du français à Libreville et dans les capitales provinciales. En ville, le français devient de plus en plus une langue première ou une langue commune, tandis que les langues nationales restent plus présentes dans les villages et les provinces. Les données disponibles portent sur des années et des méthodes différentes : l’Organisation internationale de la Francophonie estimait qu’environ 65 % de la population était francophone en 2022 ; une source présidentielle indiquait qu’en 2010, plus de 30 % des habitants de Libreville avaient le français comme langue maternelle, qu’environ 80 % de la population pouvait s’exprimer en français et que 99 % des habitants de Libreville savaient lire, écrire et parler français. Ces chiffres ne doivent pas être considérés comme un recensement linguistique national actuel et entièrement comparable. Le français est la langue d’enseignement dans l’éducation formelle. Les langues nationales figurent dans les objectifs des programmes et les politiques de promotion linguistique, notamment dans des programmes associant langues locales et français. Toutefois, la couverture actuelle des enseignants, la normalisation et l’enseignement dans la langue maternelle à l’échelle nationale ne sont pas suffisamment documentés pour décrire une pratique uniforme. Les communications des institutions publiques et les médias formels sont également principalement en français. Les langues nationales sont utilisées de manière sélective dans les programmes culturels et de préservation linguistique, notamment dans des vidéos et capsules linguistiques pour la télévision et les réseaux sociaux consacrées au baka et au koya. Les langues nationales portent les traditions orales, l’identité, les rituels, la musique et les salutations du quotidien. Le fang, l’ipunu, le nzebi, l’omyene, l’obamba et le kota sont des exemples documentés de langues utilisées dans des contextes culturels. Le ministère chargé de la Culture, le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, la Direction de la Promotion de la Langue Française et de la Diversité Culturelle et Linguistique, la Division de la Promotion des Langues Nationales, la Commission nationale gabonaise pour l’UNESCO ainsi que le Laboratoire Langues, Culture et Cognition et la Chaire UNESCO Bantuphonie de l’Université Omar Bongo contribuent aux politiques linguistiques, à la recherche ou à la préservation. Des projets tels que « Je parle koya. Je parle baka », les recherches de terrain menées à Minvoul et Mékambo en 2023 et les publications parues en 2024 montrent comment les communautés et les institutions peuvent documenter les langues vulnérables. Le français offre généralement l’accès le plus large à l’administration, à l’école, à la politique et à la vie publique nationale. L’accès à une langue locale peut être déterminant dans les villages et les communautés éloignées, notamment lorsque la distance avec les centres urbains de décision et la marginalisation sociale limitent la participation. Rien n’atteste l’existence d’une certification nationale, d’un examen linguistique, de frais de service public ou d’un délai fixe de traitement pour l’accès linguistique ou les services de préservation. Les mesures de préservation reposent généralement sur des projets ou des initiatives communautaires plutôt que sur un service national uniforme. Les décomptes de langues, les proportions de locuteurs et les évaluations de vitalité restent inégaux sur le plan méthodologique, et les recherches disponibles n’établissent pas de décompte national officiel complet et actuel des langues.
Les langues au Gabon
Le français est la seule langue officielle de travail au Gabon, dans l’administration, l’enseignement formel, la vie professionnelle et les communications à l’échelle nationale. Environ 50 langues nationales, principalement bantoues, restent centrales dans la vie familiale, les communautés locales, la culture et l’identité. L’accès linguistique varie entre les centres urbains et les zones rurales, tandis que le baka et le koya font l’objet d’une attention particulière pour leur préservation.
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