La Guinée équatoriale ne dispose pas d’un service ni d’un programme national unique consacré au vivre-ensemble. Les pratiques diffèrent entre le Río Muni et les îles de Bioko, Annobón, Corisco et Elobey, ainsi qu’entre les régions, les provinces, les districts et les municipalités. Dans les villages et les quartiers, les conseils de village (consejos de poblados), les communautés de quartier (comunidades de vecinos), les petites entités locales (entidades locales menores) et les chefs traditionnels coordonnent les préoccupations locales. Un chef traditionnel (jefe tradicional) représente une tribu (tribu) ou un clan, est élu par le groupe concerné et nommé par le ministère de l’Intérieur et de l’Administration locale (Ministerio del Interior y Administración Local). Pour les affaires gouvernementales, les démarches passent souvent par le délégué du gouvernement (Delegado de Gobierno) ou la municipalité (ayuntamiento) ; l’accès dépend du lieu de résidence. Aucun tarif uniforme ni délai de traitement n’a été publié. La Loi fondamentale de 2012 (Ley Fundamental) protège notamment la liberté d’expression, de résidence et de circulation, la pratique religieuse, le droit de plainte et de pétition, ainsi que les libertés d’association, de réunion et de manifestation. Elle impose le vivre-ensemble pacifique, le respect des droits d’autrui et le respect de la loi. La discrimination fondée sur la tribu, l’appartenance ethnique, le sexe, la religion ou des motifs sociaux ou politiques est punissable. Les partis politiques ne peuvent être fondés sur la tribu, l’appartenance ethnique, la région, le district ou la municipalité. L’espagnol et le français sont des langues officielles ; les langues autochtones font partie de la culture nationale et influent sur l’accès aux services au quotidien. Fang, Bubi, Ndowe, Bisio et Annobonais sont des groupes principaux attestés historiquement, mais leurs proportions actuelles à l’échelle nationale n’ont pas été vérifiées de manière fiable. Aucune structure publique nationale de traduction ou de médiation n’a été mise en place. Les conflits peuvent être signalés à la police ou à la gendarmerie, aux tribunaux, au Défenseur du peuple (Defensor del Pueblo), à la Commission nationale des droits de l’homme ou au Département des droits humains (Human-Rights-Department). À l’échelle locale, les chefs traditionnels, les communautés de quartier et les services administratifs offrent aussi des voies de recours. L’existence d’un service indépendant de médiation à l’échelle nationale, ses coûts, ses délais et la portée juridique de la médiation locale n’ont pas été vérifiés. La Constitution garantit les libertés d’association, de réunion et de manifestation, mais des rapports de 2023 font état de fortes restrictions dans la pratique, de permis souvent refusés et de pressions sur les groupes de la société civile. Selon la tâche, les municipalités, les délégués du gouvernement, la police et la gendarmerie se partagent les responsabilités concernant les espaces publics. L’accès aux infrastructures est inégal selon les régions et entre zones urbaines et rurales : entre 2022 et 2023, l’accès à l’électricité était d’environ 82 pour cent à l’échelle nationale, 97 pour cent dans les villes et 50 pour cent en zone rurale ; l’eau courante desservait respectivement environ 50, 61 et 28 pour cent de la population. Aucun service national fiable pour réserver un espace public ou déposer une plainte à ce sujet n’est connu. Il n’existe pas de réglementation nationale documentée sur l’habitat coopératif ou partagé ; les gens vivent principalement ensemble dans un cadre privé, familial, communautaire ou informel. Les questions de location et de propriété relèvent de règles distinctes sur le logement et ne font pas partie du périmètre central de ce sujet. Le programme numérique de l’État ADIGE soutient les télécommunications, l’administration numérique et les technologies de l’information et de la communication ; un projet pilote de registre d’état civil numérique a débuté en 2018. L’identité numérique, la réglementation et la cybersécurité restent incomplètes. L’accès à Internet était d’environ 60 pour cent en 2023 et 63 pour cent en 2024, tandis qu’une connexion haut débit réservée aux données pouvait coûter plus de 23 pour cent du revenu national brut mensuel par habitant. L’approvisionnement en électricité, les prix et les différences entre les îles et les régions continentales influent sur la participation numérique. Des rapports de 2023 mentionnent également des restrictions d’Internet, des interruptions et la censure en ligne ; aucun système national vérifié de règlement des litiges numériques n’a été mis en place.
Vivre ensemble en Guinée équatoriale
En Guinée équatoriale, le vivre-ensemble s’appuie sur un cadre juridique national formel, mais son organisation quotidienne varie selon les régions et les institutions. Les municipalités, les délégués du gouvernement et les autorités traditionnelles traitent les préoccupations locales. Les droits de réunion pacifique, d’association et de plainte existent, mais leur exercice est limité par les pratiques d’autorisation, le contrôle politique, les différences linguistiques et les inégalités régionales.
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