Les paysages naturels de la Jamaïque s’étendent des Blue and John Crow Mountains à Cockpit Country et aux écosystèmes côtiers et marins qui entourent l’île. Les Blue and John Crow Mountains sont un site mixte du patrimoine mondial de l’UNESCO qui couvre environ 26 252 hectares, à des altitudes d’environ 850 à 2 256 mètres. Elles abritent neuf communautés écologiques, dont la forêt de Mor Ridge et la forêt elfin. Cockpit Country est un paysage karstique de calcaire humide avec près de 300 grottes, des rivières souterraines et les sources de six grands cours d’eau. Son aire protégée couvre environ 74 726 hectares. Les récifs coralliens de la Jamaïque couvrent environ 1 240 kilomètres carrés, tandis que les herbiers marins, les mangroves et les marais contribuent à la protection des côtes et à la vie marine. Black River Lower Morass, Portland Bight Wetlands and Cays, Palisadoes-Port Royal et Mason River sont des sites Ramsar, c’est-à-dire des zones humides reconnues pour leur valeur écologique internationale. Le Département des forêts gère environ 117 000 hectares, et environ 48 % de l’île était classée comme forêt en 2025. Une aire protégée est un lieu désigné par la loi où les habitats, les bassins versants, les sols, l’eau, les plantes ou les animaux font l’objet d’une gestion spéciale. La Jamaïque recourt à plusieurs fondements juridiques, dont le Natural Resources Conservation Authority Act, le Fisheries Act 2018, le Forest Act 1996, le Jamaica National Heritage Trust Act, le Beach Control Act, le Wild Life Protection Act et l’Endangered Species Act. Le système comprend des parcs nationaux, des réserves forestières, des zones de gestion forestière, des sanctuaires de gibier, des parcs marins, des sanctuaires de poissons et d’autres sites protégés. La NEPA (National Environment and Planning Agency) et la fonction de Natural Resources Conservation Authority de cet organisme s’occupent de la gestion environnementale, des aires protégées, de la protection des espèces, des questions liées à la CITES, des permis, de l’évaluation environnementale et de l’application de la loi. Le Département des forêts gère les forêts publiques, les réserves forestières, les bassins versants, les mangroves, les marais et les activités de restauration. L’Autorité nationale des pêches gère les pêcheries, la pêche et l’immatriculation des navires, les licences, les quotas, les périodes de fermeture et les zones spéciales de conservation des ressources halieutiques. Une zone spéciale de conservation des ressources halieutiques (Special Fishery Conservation Area, SFCA) est une zone marine où la pêche est restreinte ou interdite afin de favoriser la reproduction et le rétablissement des populations. La Jamaïque présente un fort endémisme insulaire. Les Blue and John Crow Mountains abritent environ 1 357 plantes à fleurs, quelque 294 espèces endémiques de Jamaïque et 87 espèces que l’on ne trouve que dans ce bien. Parmi les espèces sauvages menacées figurent le merle jamaïcain, le perroquet à bec jaune, le perroquet à bec noir, la hutia, ainsi que des grenouilles et des plantes endémiques. Cockpit Country abrite 28 des 29 espèces d’oiseaux terrestres endémiques de Jamaïque, 14 de ses 22 espèces de grenouilles endémiques et 10 de ses 21 espèces de chauves-souris dépendantes des grottes. Les espèces envahissantes ou introduites, notamment la petite mangouste indienne, le poisson-lion et des plantes envahissantes, exercent une pression supplémentaire sur les écosystèmes indigènes. Le Wild Life Protection Act couvre certaines espèces animales, tandis que les plantes peuvent aussi relever des règles applicables aux forêts, à l’environnement, aux espèces menacées et à la CITES. Les usages ne sont autorisés que dans les limites du statut et des règles applicables au site. Les réserves forestières donnent la priorité à la conservation, à la biodiversité, à la recherche et à l’écotourisme réglementé. Les zones de gestion forestière permettent des usages contrôlés, comme la foresterie durable et la restauration. Les aires protégées peuvent autoriser une utilisation durable selon leur zonage. Un laissez-passer pour le site, des frais, un guide, une licence ou une autre autorisation peuvent être nécessaires ; un sentier, une grotte, une rivière, un récif ou une zone où vivent des espèces sauvages n’est pas automatiquement accessible à tous les usages. Les zones de loisirs des Blue and John Crow Mountains exigent un laissez-passer valide au titre du règlement sur les droits d’utilisation (User Fees Regulations). Les activités du Département des forêts comprennent des randonnées en forêt, la plantation d’arbres et des programmes de sensibilisation. La réserve forestière Bogue II, par exemple, couvre 455,41 hectares et comprend une randonnée forestière de 10 kilomètres ainsi qu’un sentier pour enfants de 2 kilomètres, accessible dès l’âge de 11 ans. La pêche doit respecter les règles en vigueur de l’Autorité nationale des pêches. Les pêcheurs et les navires doivent être immatriculés et titulaires d’une licence ; IrieFins fournit un service en ligne pour les demandes concernées. Les licences peuvent être annuelles ou saisonnières. En 2026, la période de fermeture de la pêche au homard allait du 1er avril au 30 juin ; il était interdit d’utiliser les homards portant des œufs ou de taille inférieure à la taille réglementaire, et des déclarations de stocks, des notifications commerciales et la tenue de registres s’appliquaient à partir de certains seuils. La possession à des fins commerciales de plus de 15 kilogrammes devait être signalée dans les sept jours, et les registres de commerce ou d’entreposage devaient être conservés pendant trois ans. La saison de la conque en 2026 a commencé le 1er mars, sous réserve de licences, de quotas et de contrôles saisonniers. Les dossiers de demande et les saisons peuvent changer ; l’avis juridique en vigueur et les instructions de l’Autorité nationale des pêches régissent donc la pêche effective. L’utilisation de la faune est également réglementée. La chasse dans le régime national des oiseaux de gibier n’est autorisée que pendant la saison de chasse aux oiseaux de gibier et exige un permis de chasse (Hunter’s Licence), un quota, un lieu et une période autorisés, le respect des limites de prises ainsi que la remise des déclarations requises. Les arrêtés et règlements en vigueur déterminent les jours de chasse, les zones restreintes et les conditions applicables aux espèces. Les espèces protégées, les sanctuaires de gibier, les nids et les œufs ne peuvent pas être considérés comme des ressources ordinaires de chasse ou de collecte. Après l’ouragan Melissa, la saison 2026 a été réduite à quatre fins de semaine ; des restrictions concernant le pigeon à couronne blanche s’appliquaient dans certaines paroisses, conformément aux règles en vigueur. Les projets d’aménagement peuvent nécessiter une autorisation environnementale. Les permis environnementaux de la NEPA s’appliquent aux activités prescrites, aux travaux de construction et aux projets d’aménagement partout en Jamaïque, y compris dans la mer territoriale. Un formulaire d’information sur le projet ou une étude d’impact sur l’environnement peut aussi être exigé. La fiche de recherche indique des frais de demande de 2 000 JMD, des permis à partir de 15 000 JMD selon le barème applicable et un délai de traitement standard d’environ 90 jours ou plus. Les travaux ne doivent pas commencer avant la délivrance du permis. Un permis devient caduc si les travaux ne commencent pas dans les cinq ans, et l’approbation d’une autorité locale peut aussi être nécessaire. Les grands projets d’aménagement dans Cockpit Country exigent un examen rigoureux, notamment une décision au niveau du Cabinet. Les activités de loisirs en milieu naturel comprennent la randonnée, l’observation des oiseaux, l’exploration de grottes, de rivières et de récifs, les programmes avec des gardes forestiers et des guides, la plantation d’arbres, l’écotourisme et la recherche. La sensibilisation est assurée par les activités d’information du public prévues par la loi de la NEPA, le National School Environmental Club Programme, le NEPA Junior Environment Programme, la formation des enseignants, les activités de sensibilisation du Département des forêts, ainsi que la formation dans le secteur des pêches et les activités auprès des communautés. Les savoirs des Marrons et des communautés ont leur place dans ce contexte lorsque leur sujet documenté concerne la nature et la conservation. Les processus naturels façonnent également les écosystèmes jamaïcains. Les glissements de terrain sont l’aléa naturel le plus fréquent et peuvent être déclenchés par la gravité, la saturation des sols, les fortes pluies, les séismes, la suppression de la végétation, la déforestation et les entailles pratiquées pour les routes ou les bâtiments. Les inondations, les ouragans de juin à novembre, la sécheresse, la foudre et les feux de forêt ont des effets sur l’érosion, les sols, les bassins versants, les mangroves, les récifs coralliens et les forêts. Les alertes d’urgence, l’évacuation, l’intervention et la gestion des dégâts relèvent de la gestion des catastrophes et non du présent sujet consacré à la nature. Les principaux conflits portent sur l’empiètement agricole, la déforestation, le tourisme, les projets résidentiels, portuaires et industriels, l’aquaculture, l’exploitation minière et la prospection, la pollution d’origine terrestre, la surpêche, la production de charbon de bois et de tuteurs d’igname, le brûlage à l’air libre, les perturbations des grottes, la chasse, la collecte excessive, les espèces envahissantes et les pressions du climat ou des tempêtes. Les moyens de subsistance peuvent entrer en conflit avec les sanctuaires de poissons et les quotas, tandis que les usages communautaires peuvent entrer en conflit avec la conservation et que les projets d’aménagement peuvent menacer les zones humides, les forêts et les récifs coralliens. Le zonage, les permis, l’évaluation environnementale, la désignation d’aires protégées, la cogestion, la restauration, le suivi et l’application de la loi sont les principaux moyens de gérer ces tensions.
Nature en Jamaïque
La Jamaïque associe forêts de montagne, paysages karstiques, zones humides, récifs coralliens, herbiers marins et mangroves, avec un endémisme insulaire exceptionnellement élevé. La protection et l’utilisation de la nature relèvent d’un système national fragmenté faisant intervenir la NEPA et la NRCA, le Département des forêts, l’Autorité nationale des pêches et les communautés locales. L’accès, la pêche, la chasse, l’aménagement et la recherche dépendent du statut du site, de son zonage, des règles de permis et des conditions de gestion en vigueur.
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