Le cadre de vie libyen repose sur des responsabilités formelles, mais la prestation quotidienne des services est fragmentée. Le ministère de l’Environnement est chargé des politiques environnementales, du contrôle de la pollution, de la protection des ressources en eau, des évaluations d’impact environnemental, des permis et des inspections. Le ministère de l’Administration locale et les municipalités s’occupent des infrastructures locales, de l’assainissement et de la gestion des déchets solides. La Compagnie générale de l’eau et des eaux usées, appelée GCWW, est chargée de l’approvisionnement formel en eau des ménages et autres usagers ainsi que des services d’eaux usées. La Compagnie générale d’électricité de Libye, ou GECOL, fournit le réseau public d’électricité. L’Autorité nationale d’urbanisme est chargée de l’aménagement urbain et régional, tandis que la Haute Commission nationale électorale gère les élections municipales. Le Centre libyen de lutte antimines et le Service de lutte antimines des Nations unies (UNMAS) soutiennent l’élimination des restes explosifs de guerre. L’accès à l’eau dépend fortement du lieu et des infrastructures. Plus de 90 % de l’approvisionnement provient de nappes souterraines non renouvelables, et la Grande Rivière artificielle fournit environ 60 % de la demande en eau douce. La surexploitation abaisse les nappes et aggrave l’intrusion d’eau salée et le stress hydrique. Les solutions formelles comprennent les puits, le dessalement et les raccordements à la GCWW ; lorsque le réseau est interrompu, les ménages et les institutions peuvent également dépendre de camions-citernes ou d’eau en bouteille. Les indicateurs cités pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène ne sont pas interchangeables, mais ils montrent que les services sont inégaux : une série fait état de 24 % d’assainissement géré en toute sécurité et de 68 % d’assainissement de base, tandis qu’une autre indique 92 % bénéficiant au moins d’un service de base et 7 % d’un service limité. La Stratégie nationale de l’eau et de l’assainissement jusqu’en 2050 a été adoptée au niveau politique en 2026 et vise notamment à ramener les pertes du réseau sous 25 %, mais la mise en œuvre et l’accès restent inégaux à l’échelle nationale. Les coupures d’électricité sont fréquentes et peuvent rendre l’approvisionnement en eau moins fiable, car les pompes, les installations de traitement et les systèmes de stockage privés dépendent de l’électricité. Le réseau public de GECOL est le prestataire officiel et les signalements de coupures peuvent être transmis au 1418. Les données disponibles n’établissent aucun taux fiable de coupures à l’échelle nationale. Les pompes et systèmes de traitement alimentés par l’énergie solaire renforcent la résilience locale, mais ne remplacent pas uniformément le réseau public. En 2025, des systèmes résilients au changement climatique ont bénéficié à environ 642 600 personnes ; 40 systèmes de pompage ou de traitement solaire ont été installés ou soutenus, et 58 % des bénéficiaires ont été desservis grâce à des systèmes à énergie renouvelable. Les inondations et les infrastructures endommagées ont modifié les conditions locales. La tempête Daniel, en 2023, a touché environ 1,5 million de personnes, endommagé 205 installations d’eau et d’eaux usées et provoqué près de 186 millions USD de dégâts. Les besoins de reconstruction ont été estimés à environ 1,8 milliard USD. À Zliten, les inondations souterraines sont associées à des fuites d’infrastructures, aux systèmes septiques, à un drainage et à un réseau d’égouts insuffisants ainsi qu’à la pression sur les aquifères côtiers. Les régions de l’est et du sud disposent généralement de systèmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène plus fragiles. À Koufra, les problèmes signalés comprennent l’accumulation de déchets, des sources d’eau peu fiables, des toilettes insuffisantes et des bassins d’eaux usées dans les sites de déplacement. La qualité de l’air constitue un enjeu environnemental important. Le chiffre de l’OMS pour la moyenne annuelle de PM2,5 en Libye en 2025 était de 30 microgrammes par mètre cube, soit six fois la recommandation de 5 microgrammes de l’OMS. Les informations disponibles n’établissent aucune norme juridique nationale de PM2,5 ni de données suffisantes sur son respect. Les sources comprennent la circulation, les centrales électriques, le torchage du pétrole et du gaz, la poussière et le brûlage à l’air libre des déchets. Les mesures du ministère de l’Environnement accessibles au public ont surtout concerné Tripoli et Mellitah, y compris des rapports anciens datant de 2010, plutôt qu’une série de surveillance nationale actuelle. Le bruit varie également selon les lieux et n’est pas mesuré à l’échelle nationale. Une étude de 2024 a relevé le niveau sonore sur sept sites à Tripoli. Les principales sources sont la circulation routière, la diversité des usages urbains, les activités commerciales et de loisirs ainsi que l’industrie. Aucune carte fiable du bruit à l’échelle nationale ni aucun indicateur de suivi n’a été établi. Les plaintes sont généralement traitées par les autorités locales et les services administratifs, dont les capacités d’intervention varient selon la région. Les espaces verts sont limités par la géographie et le manque d’eau. Environ 95 % du territoire libyen est désertique. Les parcs urbains et les espaces plantés dépendent principalement des projets municipaux et de la capacité locale d’entretien ; aucun indicateur national fiable ne mesure leur accessibilité. Le parc d’Al Jmail était en construction en 2026. L’irrigation et l’entretien peuvent être difficiles lorsque l’eau est rare ; la présence d’un parc prévu ne garantit donc ni un accès public constant ni sa qualité. La collecte et l’élimination des déchets restent fragmentées. Le plan national de gestion des déchets solides pour 2025–2030 répartit les responsabilités en matière de politiques, de financement, de coordination entre les municipalités, de collecte, d’infrastructures de traitement et de mesures d’économie circulaire. La collecte et le traitement effectifs varient selon la municipalité. Le brûlage à l’air libre pollue l’air et les déchets plastiques peuvent obstruer les systèmes de drainage. Le recyclage informel est répandu, mais la protection des travailleurs est faible. Koufra a connu une accumulation grave de déchets. Les frais de collecte et les coûts des services dépendent de la localité, et aucun barème national fiable n’est disponible. Les risques pour la sécurité comprennent les restes explosifs de guerre, les inondations, la remontée des eaux souterraines, la contamination de l’eau et les fortes chaleurs. En 2024, environ 436 millions de mètres carrés ont été signalés comme contaminés par des restes explosifs de guerre. Plus de 400 personnes avaient été blessées ou tuées au cours des cinq années précédentes, dont 35 victimes d’incidents en 2024 et 26 enfants. En 2025, plus de 57 203 restes explosifs ont été retirés, 222 214 175 mètres carrés ont été inspectés et 1 281 934 mètres carrés ont été déminés. Les urgences environnementales peuvent être signalées au ministère de l’Environnement au 197 ou par WhatsApp aux numéros +218946052376 et +218930689851. Les opérations de déminage et les interventions d’urgence n’éliminent pas tous les risques des zones contaminées ou récemment endommagées. La participation passe par les conseils municipaux, les organisations de la société civile, le dialogue local et les signalements des citoyens ou relatifs à l’environnement. Des élections municipales ont eu lieu dans 119 municipalités entre 2024 et 2026. Environ 700 000 électeurs étaient inscrits, quelque 500 000 votes ont été exprimés et la participation annoncée était de 72 %. Parmi les élus figuraient 207 femmes et 119 personnes handicapées. Le programme Baladiyati a recensé plus de 700 interventions dans 40 municipalités, concernant plus de 3 millions de personnes, mais la qualité de la participation et la capacité de mise en œuvre restent inégales. Les obligations environnementales comprennent la prévention de la pollution, la gestion responsable des déchets et la protection des zones désignées en vertu du cadre juridique applicable, notamment les lois 7/1982 et 15/2003. L’application effective de ces règles dépend des moyens institutionnels et du contrôle local. Les frais de raccordement, les coûts d’approvisionnement, les prix des camions-citernes et ceux de l’eau en bouteille varient selon le service, la localité et les crises. Les délais de réparation et d’accès dépendent également de l’événement, de la région et des infrastructures. Les personnes déplacées, les migrants, les réfugiés et les ménages vivant dans des logements informels ou surpeuplés peuvent rencontrer des obstacles supplémentaires pour accéder à l’eau, à l’assainissement, à la collecte des déchets et aux services d’urgence. La stratégie nationale de gestion de la sécheresse, le plan sur les déchets pour 2025–2030, le cadre climatique pour 2026–2035 et la stratégie de l’eau jusqu’en 2050 témoignent d’une activité politique, mais les données disponibles indiquent que la mise en œuvre progresse plus lentement que l’élaboration des politiques.
Environnement quotidien en Libye
Le cadre de vie quotidien en Libye comprend l’accès à l’eau, à l’électricité, à l’assainissement, à la collecte des déchets, aux routes, aux espaces verts, à l’air et au calme, ainsi que l’exposition aux inondations, à la chaleur et aux restes explosifs de guerre, comme les armes non explosées laissées après un conflit. Les conditions varient fortement selon la région, la taille de la ville, les dégâts liés aux conflits et l’état des infrastructures ; aucune norme nationale unique ne décrit l’accès quotidien aux services. Plus de 90 % de l’approvisionnement en eau de la Libye provient de nappes souterraines non renouvelables, tandis que les fréquentes coupures d’électricité peuvent accroître la dépendance aux camions-citernes, aux puits, au dessalement et à l’eau en bouteille. La supervision environnementale et les services locaux relèvent d’organismes nationaux et des municipalités, mais la mise en œuvre et le traitement des plaintes restent inégaux.
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