La Charte de la Refondation nationale constitue l’ordre juridique fondamental en vigueur au Niger. La Refondation est le cadre transitoire établi par la Charte. Elle prévoit une période de 60 mois à compter de sa promulgation, susceptible d’ajustement en fonction de la situation sécuritaire, du cahier des charges de la Charte et de l’agenda de l’Alliance des États du Sahel. Dans la pratique, ce cadre a remplacé l’organisation constitutionnelle normale, tandis que la Constitution du 25 novembre 2010 demeure suspendue en vertu du droit de transition. Le Président de la République est chef de l’État, chef de l’exécutif, commandant suprême des forces armées et chef de l’administration. Il préside le Conseil des ministres et peut légiférer par ordonnances. Le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie, ou CNSP, est l’organe central de la transition et exerce les pouvoirs exécutif et législatif. Le Gouvernement de la Refondation comprend le Premier ministre et les ministres ; le Premier ministre coordonne le travail gouvernemental conformément aux orientations du CNSP. La Charte désigne huit organes principaux : le Président, le CNSP, le Gouvernement, le Conseil Consultatif de la Refondation, la Cour d’État, la Cour des Comptes, l’Observatoire National de la Communication et l’Observatoire National des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales. Le Conseil Consultatif de la Refondation compte 194 membres nommés et cinq commissions. Il conseille le CNSP et le Gouvernement, mais n’a pas de mandat législatif. La compétence et l’organisation de la Cour d’État sont définies par ordonnance. La Cour des Comptes contrôle les finances publiques. Les sources officielles disponibles ne confirmaient pas le statut opérationnel de l’observatoire des droits de l’homme ; un rapport officiel indiquait encore qu’un organe ad hoc des droits de l’homme était en préparation. Le Niger compte huit régions, Niamey comprise, et 63 départements. Les gouverneurs administrent les régions et les préfets les départements en tant que représentants de l’État central. Les collectivités territoriales décentralisées comprennent sept collectivités régionales et 255 communes : 214 communes rurales, 37 communes urbaines et quatre villes ou communes à statut particulier. Niamey constitue une commune divisée en cinq arrondissements municipaux. Les conseils locaux et les maires gèrent les responsabilités municipales, tandis que l’ANFICT soutient le financement des collectivités territoriales. Les compétences et transferts de ressources concernent notamment la santé, l’éducation, l’eau et l’environnement, mais leur efficacité concrète varie selon les localités. L’administration déconcentrée relie les ministères et services centraux aux gouverneurs, aux préfets et aux communes. Elle traite notamment de l’état civil, des guichets administratifs et des services sociaux de base. L’accès dépend du service, du droit applicable et de la localité. Les zones rurales et vulnérables bénéficient généralement d’un accès moindre que les zones urbaines mieux desservies. Il n’existe pas de tableau national consolidé couvrant tous les frais administratifs et délais de traitement ; il faut donc consulter le ministère, le gouvernorat, la préfecture ou la commune responsable du service concerné. L’accès à l’emploi public obéit aux règles juridiques applicables. Le ministère de l’Économie et des Finances est responsable du budget. Le budget initial de 2026 s’élevait à 2 922,22 milliards de FCFA. Un premier budget supplémentaire adopté en août 2026 l’a porté à 2 980,54 milliards de FCFA, soit une hausse de 58,32 milliards de FCFA, ou environ 2 %. Les motifs avancés comprenaient les besoins de sécurité, l’évolution de la structure gouvernementale, les transferts de responsabilités aux services publics et la simplification fiscale. Le plan de financement vise 85 % de ressources intérieures et 15 % de ressources extérieures. L’ANFICT soutient les transferts aux collectivités territoriales. Une référence structurelle fondée sur les données des Nations Unies pour 2023 situait sous 1 % les ressources publiques parvenant aux collectivités territoriales ; il ne s’agit pas d’un audit pour 2026. La Cour des Comptes a été rétablie par l’article 70 de la Charte. Seize conseillers ont été nommés en août 2025. La Cour examine les comptes de l’État, des collectivités territoriales, des établissements publics et des entreprises publiques. Ses fonctions comprennent les audits, les rapports sur l’exécution du budget, les déclarations de conformité, l’évaluation des politiques et les sanctions pour fautes de gestion. Les soupçons de corruption ou de détournement de biens publics peuvent être signalés au Procureur Général près la Cour d’État ou à des procureurs délégués. La procédure de plainte et les pièces justificatives dépendent des faits. L’Observatoire National de la Communication, créé le 1er septembre 2025 par l’Ordonnance 2025-29, régule les médias imprimés, électroniques et audiovisuels ainsi que la publicité dans la presse. Il traite également de la protection des médias, de l’accès équitable aux médias publics, de l’éthique professionnelle et du suivi de l’information. L’espace public reste restreint : l’Ordonnance 2025-06 a dissous les partis politiques, et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a signalé des arrestations de journalistes en vertu de la modification de juin 2024 de la loi sur la cybercriminalité. Le Président commande les forces de sécurité. Les Forces Armées Nigériennes comprennent l’armée et l’armée de l’air, organisées en neuf zones de défense et trois bases aériennes. Les autres organes publics de sécurité comprennent la Gendarmerie Nationale, la Police Nationale civile placée sous l’autorité du ministère chargé de la sécurité, la Garde Nationale et le FNIS. La sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme constituent des fonctions majeures de l’État. L’Ordonnance 2025-42 prévoit une mobilisation générale, tandis que le projet DOMOL LEYDI de 2026 concerne les organisations d’autodéfense territoriale. Les informations disponibles n’établissent pas de règle générale de conscription. La présence de forces militaires étrangères nécessite une consultation souveraine préalable par référendum, sauf mesure d’urgence ordonnée par le Président après avis du Conseil Consultatif de la Refondation ; la durée maximale de cette mesure d’urgence est fixée par les règles applicables.
État au Niger
Le Niger est une république unitaire, souveraine et indivisible régie par la Charte de la Refondation nationale, adoptée et promulguée le 26 mars 2025 avec valeur constitutionnelle. L’État associe les institutions de transition, l’administration régionale et communale, les finances publiques, les organes de contrôle, les services publics et les forces de sécurité. La Constitution de 2010 est suspendue depuis le 28 juillet 2023 dans le cadre des dispositions transitoires.
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