Les paysages naturels du Niger changent fortement du nord au sud. Le Sahara et le Ténéré comprennent de vastes étendues désertiques ainsi que le massif volcanique de l’Aïr, qui atteint environ 2 000 mètres d’altitude. Les gueltas, les oasis et les cuvettes oasiennes retiennent l’eau et la végétation dans des zones autrement arides. Les dallols, les plaines inondables et les forêts-galeries soutiennent l’agriculture, le pâturage, la pêche et la faune le long du fleuve Niger, de la Komadougou Yobé et autour du lac Tchad. La zone soudano-sahélienne W-Arly-Pendjari, couramment appelée WAP, comprend des savanes, des zones humides et des réseaux fluviaux partagés entre plusieurs pays. Les gommeraies et les parcs agroforestiers offrent d’autres habitats et des produits utiles. Le Niger dispose de plusieurs catégories d’aires protégées : parcs nationaux, réserves naturelles ou intégrales, sanctuaires, réserves de biosphère, zones d’intérêt cynégétique et forêts classées ou protégées. La Réserve Naturelle Nationale de l’Aïr et du Ténéré, ou RNNAT, couvre environ 7 736 000 hectares. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991, elle figure sur la Liste du patrimoine mondial en péril depuis 1992 et fait aussi partie d’une réserve de biosphère. Le Sanctuaire des Addax, situé dans la zone centrale, couvre environ 1 280 500 hectares. L’aire protégée W-Arly-Pendjari est un bien transnational de l’UNESCO couvrant environ 1 714 831 hectares. Le profil Ramsar actuel recense également 14 sites au Niger ; le site Ramsar des Gueltas/Oasis de l’Aïr couvre environ 4 924 100 hectares. Les chiffres nationaux publiés se rapportent à différentes dates et définitions. Selon les chiffres gouvernementaux de 2026, le réseau national d’aires protégées couvre environ 20,87 millions d’hectares, soit 16,47 % du territoire nigérien. L’inventaire plus ancien SNPA/DB de 2024 recense neuf aires protégées de faune couvrant 1 928 240 hectares, soit 15,21 %, ainsi que 12 sites Ramsar couvrant 2 413 237 hectares. Le profil Ramsar actuel en répertorie 14 couvrant 7 534 289 hectares. Ces chiffres ne doivent pas être additionnés, car ils décrivent des inventaires et dates de référence différents. L’inventaire de la biodiversité de 2024 fournit une base d’environ 3 200 espèces animales : 168 mammifères, 512 oiseaux, 150 reptiles et amphibiens et 112 poissons. Il s’agit d’une base d’inventaire et non d’un recensement actuel exhaustif. La région de l’Aïr et du Ténéré compte des populations recensées d’environ 40 espèces de mammifères, 165 espèces d’oiseaux et 18 espèces de reptiles ; la zone Ramsar de l’Aïr possède des données sur environ 290 plantes à fleurs et 150 espèces d’oiseaux. Le paysage du WAP sert de refuge aux éléphants, lions, guépards, léopards, lycaons, topis, hippopotames et lamantins. La Liste I nigérienne comprend des espèces bénéficiant d’une protection intégrale, notamment l’hippopotame, le lamantin, l’éléphant, la girafe, le guépard, le léopard, la gazelle dama, l’addax, le lycaon, les hyènes, l’oryx, le mouflon à manchettes, le crocodile, la tortue, le python, l’autruche, les vautours et les cigognes. La Liste II prévoit une protection partielle et la Liste III une réglementation transfrontalière. La nature est directement liée aux moyens de subsistance. Le pastoralisme et la transhumance dépendent des pâturages et de l’eau. Les habitants cultivent les oasis, les cuvettes et les plaines inondables, pêchent dans les rivières et les zones humides, collectent des produits forestiers, utilisent le bois comme source d’énergie et produisent de la gomme arabique. La faune et les écosystèmes contribuent aussi à la régulation de l’eau, à la protection des sols, à la sécurité alimentaire et à la résilience climatique. L’exploitation minière, la pollution pétrolière, l’expansion agricole, le pâturage illégal, le surpâturage, la coupe de bois, les incendies et le braconnage peuvent réduire ces avantages et fragmenter les habitats. Le Ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement, sa Direction Générale des Eaux et Forêts et la Direction de la Faune, de la Chasse, des Parcs et des Réserves assument des responsabilités nationales. Les autorités régionales et locales, les unités de gestion des aires protégées, les brigades communautaires et le Conseil National de l’Environnement pour un Développement Durable contribuent également à ces activités. La gestion du WAP repose sur un dispositif transfrontalier tripartite. En août 2026, un projet de décret concernant l’Agence Nationale des Parcs du Niger a été approuvé à titre de projet ; cette agence ne doit pas être présentée comme pleinement établie avant l’achèvement des étapes juridiques et opérationnelles. Le droit nigérien place la gestion des aires protégées sous la responsabilité de l’État, mais ce statut ne donne pas un libre accès au public. La chasse est interdite dans les parcs nationaux, les réserves de faune, les réserves intégrales et les sanctuaires, sauf exceptions scientifiques limitées. La chasse légale exige généralement un permis, et le chasseur doit avoir au moins 18 ans ; la chasse à l’arme à feu requiert également un permis d’arme. Les permis scientifiques précisent les espèces, le sexe et le nombre autorisés. Un permis de chasse coutumière est limité aux droits coutumiers documentés à des fins de subsistance ou rituelles ; il s’applique hors des parcs, réserves intégrales, zones de chasse, ranchs et fermes de gibier, selon les conditions fixées par arrêté ministériel. Le commerce, l’échange et la vente sur les marchés d’espèces sauvages sont interdits, sauf pour les personnes autorisées par le ministre. La détention, le transport, l’importation, l’exportation et la possession de trophées sont également réglementés. Le barème publié dans la Loi 98-07 fixe les permis de chasse sportive à 20 000, 35 000 ou 55 000 FCFA pour le petit, moyen ou gros gibier pour les ressortissants ; à 40 000, 60 000 ou 90 000 FCFA pour les résidents ; et à 75 000, 100 000 ou 150 000 FCFA pour les visiteurs. Il prévoit aussi des permis scientifiques de 25 000 FCFA pour les oiseaux, 75 000 pour les mammifères, 45 000 pour les reptiles et 25 000 pour les amphibiens. Les licences de guide sont indiquées à 500 000 FCFA par zone et par saison, et les licences de concession à 1 500 000 FCFA par zone et par saison. Ces montants publiés doivent être confirmés avant usage, car les permis, quotas, saisons et conditions administratives peuvent avoir changé. L’observation de la faune et l’écotourisme sont des usages reconnus des aires protégées, mais l’accès actuel est fortement limité. Le plan du W décrit environ 30 pistes, dont deux praticables toute l’année, ainsi qu’un réseau plus vaste d’environ 917 kilomètres, distinguant pistes touristiques et pistes de patrouille. Selon l’exploitant actuel de la zone du W, l’accueil des visiteurs n’est pas possible actuellement en raison de la situation sécuritaire régionale. Les avis de voyage consultés déconseillent tout déplacement au Niger et signalent que les déplacements hors de Niamey peuvent nécessiter une autorisation et une escorte de sécurité. Aucun tarif général actuel pour les visites nature ni processus central fiable de réservation n’a été vérifié. Une inscription au patrimoine mondial ou à Ramsar ne garantit donc pas, à elle seule, l’accès au site. L’éducation à l’environnement comprend l’enseignement de la biodiversité, l’information et la communication environnementales, la sensibilisation aux changements climatiques, la recherche, le suivi, les savoirs traditionnels et la sensibilisation des autorités locales. Les brigades communautaires soutiennent la participation locale, la surveillance et la conservation, tandis que la professionnalisation des écogardes a été proposée en 2026. Aucun élément n’établit l’existence d’une filière scolaire nationale spécifiquement consacrée à l’éducation à la nature. La participation locale et la cogestion ont une valeur pratique, mais leur force juridique varie selon l’aire protégée et le texte d’application. La sécheresse et la variabilité climatique réduisent la productivité pastorale. L’érosion éolienne et hydrique, les déplacements de sable, l’envasement, l’assèchement des zones humides, les plantes envahissantes terrestres et aquatiques, les feux de brousse, la fragmentation écologique et les variations du niveau des eaux des plaines inondables modifient les habitats et l’accès aux ressources. Les conflits entre humains et faune sont particulièrement présents autour des hippopotames et dans la zone de Kandadji. L’expansion agricole, le pâturage illégal, la pression pastorale, les incendies, la coupe de bois, le braconnage et les impacts des mines ou du pétrole peuvent créer des conflits d’usage des terres qui se chevauchent. La surveillance, les opérations contre le braconnage, les brigades communautaires, le dialogue intercommunautaire et la cogestion figurent parmi les réponses documentées.
La nature au Niger
La nature au Niger comprend le Sahara et le Ténéré, les montagnes de l’Aïr, les paysages sahéliens, les savanes soudano-sahéliennes, les plaines inondables fluviales, les zones humides, les oasis et les systèmes agroforestiers. Les aires protégées préservent les espèces, les habitats et les processus écologiques tout en soutenant le pastoralisme, l’agriculture, la pêche, les produits forestiers et les services écosystémiques. La sécheresse, l’érosion, l’avancée du sable, l’assèchement des zones humides, les incendies, le surpâturage, la chasse illégale et l’extraction des ressources exercent des pressions sur ces milieux. L’accès à de nombreuses aires protégées est actuellement limité par la sécurité et les règles de gestion locales.
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