L’histoire ancienne est connue grâce à l’archéologie, aux migrations régionales et aux traditions orales, mais les éléments disponibles sont plus fragmentaires que pour les périodes ultérieures. Des commerçants du nord, des missionnaires et des réseaux islamiques ont influencé les outils, l’éducation et la religion avant la domination coloniale européenne. Des navigateurs portugais ont atteint la côte au XVe siècle ; le nom Sierra Leone est associé au paysage côtier décrit à cette époque et ne marque pas la création de l’État moderne. Bunce Island est devenu un site important de la traite atlantique des esclaves vers 1670. Un raid en 1728 a interrompu sa première période commerciale, mais les échanges ont repris et se sont développés à partir de 1744, jusqu’à ce que la Grande-Bretagne interdise la traite en 1807. Des milliers de personnes ont été déportées de force vers les colonies britanniques et françaises des Caraïbes et vers l’Amérique du Nord britannique. Le commerce local a pris fin en 1808, le site a été abandonné dans les années 1840 et Bunce Island est devenu monument national en 1948. Son histoire relie le commerce mondial aux guerres locales, à l’autorité politique et aux violences subies par les communautés de la région. La Grande-Bretagne a établi un projet d’installation connu sous le nom de Province of Freedom en 1787–1788. En 1788, le roi Naimbana a signé un accord avec les Britanniques, le plus ancien document conservé aux Archives publiques de Sierra Leone. Freetown a accueilli des colons venus de Nouvelle-Écosse en 1792 et des Marrons jamaïcains en 1800. La Royal Navy a amené à Freetown des Africains libérés de 1807 jusque dans les années 1860. Ces groupes, avec les communautés installées avant et après eux, ont contribué à l’émergence de la société créole. Le krio est devenu une langue régionale largement utilisée, tandis que l’anglais est devenu la langue de l’administration et de l’enseignement. Freetown et la colonie de la Couronne environnante ont évolué différemment de l’arrière-pays. Au XIXe siècle, la Grande-Bretagne a étendu son contrôle colonial, instauré l’administration indirecte et transformé l’autorité locale par l’intermédiaire des Paramount Chiefs, devenus les autorités supérieures reconnues au sein du système colonial. Le commerce de la main-d’œuvre, des cultures de rente, du bois et des minerais a relié le territoire à des marchés plus vastes. La rébellion de la Hut Tax de 1898 s’opposait à un impôt colonial et à l’ordre politique plus large ; les archives coloniales la décrivent souvent autrement que les interprétations locales et ultérieures de la résistance anticoloniale. L’accès à l’éducation coloniale, à l’administration et au commerce était inégalement réparti entre Freetown, la colonie et le Protectorat. Les communautés temne et mende formaient deux grands groupes de population, aux côtés de nombreuses autres communautés ethnolinguistiques. Les récits historiques doivent être lus de manière critique, car les archives coloniales sont sélectives et adoptent souvent un point de vue administratif. Les histoires orales, les témoignages locaux, les données archéologiques, les papiers privés et la mémoire des communautés peuvent compléter ces archives ou les remettre en question. Des désaccords similaires portent sur la Province of Freedom, Bunce Island et les causes de la guerre civile. Sierra Leone est devenu indépendant le 27 avril 1961 et a rejoint le Commonwealth. Le Sierra Leone People’s Party a remporté les élections en 1951 et Sir Milton Margai est devenu Premier ministre en 1954. L’All People’s Congress a obtenu la majorité parlementaire en 1967, formé le gouvernement en 1968 et gouverné dans un système politique de plus en plus centralisé. Sierra Leone est devenu une république dotée d’une présidence exécutive le 19 avril 1971. Les changements parlementaires et constitutionnels font partie du contexte historique de cette évolution ; l’administration détaillée de l’État relève d’un sujet distinct. La guerre civile a duré de 1991 à 2002. Le Revolutionary United Front, ou RUF, a lancé une attaque depuis l’est, près du Liberia, en mars 1991. Un coup d’État militaire a créé le National Provisional Ruling Council en avril 1992. Des élections ont eu lieu en février 1996 et Ahmed Tejan Kabbah est devenu président. En mai 1997, l’Armed Forces Revolutionary Council et le RUF ont formé une junte ; des forces régionales connues sous le nom d’ECOMOG ont rétabli le gouvernement de Kabbah en 1998. L’accord de paix de Lomé a été signé en 1999. La Mission des Nations Unies en Sierra Leone, ou UNAMSIL, a soutenu le désarmement et la démobilisation ; début 2002, plus de 75 000 anciens combattants avaient été désarmés et démobilisés. Le gouvernement a déclaré la fin de la guerre en janvier 2002. Aucune cause unique n’explique le conflit. Des historiens et la Commission vérité et réconciliation ont étudié les défaillances de gouvernance, l’exclusion, la marginalisation des jeunes, le clientélisme, les ressources diamantifères et les dynamiques régionales impliquant le Liberia et la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Créée en vertu de la loi Truth and Reconciliation Act 2000, la Commission vérité et réconciliation a commencé ses travaux en 2002 et tenu des audiences publiques à partir de 2003. Son rapport final de 2004 portait sur le contexte historique, les causes, les violations des droits humains, les acteurs extérieurs, les femmes, les enfants, les ressources naturelles et la réconciliation. La Cour spéciale pour la Sierra Leone a été créée par un accord signé le 16 janvier 2002 et a commencé à fonctionner le 1er juillet 2002. Elle a poursuivi les personnes accusées des crimes les plus graves commis depuis le 30 novembre 1996, tandis que la Commission vérité et réconciliation n’était pas une juridiction pénale. L’histoire d’après-guerre comprend le retour et la réinstallation des populations, la reconstruction, les élections démocratiques et la poursuite des débats publics sur la mémoire. Les Archives publiques de Sierra Leone conservent des dossiers gouvernementaux, des papiers privés, des cartes, des photographies, des traités, des registres et des récits de voyage datant de 1788 à aujourd’hui. Le Musée national, la Commission des monuments et vestiges, les universités, les archives de la Commission vérité et réconciliation et la Cour spéciale résiduelle conservent également des sources historiques. Les lieux patrimoniaux et de mémoire comprennent Bunce Island, le Cotton Tree et les anciens sites coloniaux de Freetown, l’ancien bâtiment du Fourah Bay College, la Gateway to Old King’s Yards, le Musée national et le Musée du chemin de fer. L’accès aux archives et aux musées nécessite généralement une demande auprès de l’institution ; les informations publiques fiables sur les frais et délais ne sont pas disponibles, tandis que certaines collections numériques sont consultables en ligne. L’histoire récente comprend les manifestations violentes de 2022, les élections nationales du 24 juin 2023 et une tentative de coup d’État manquée le 26 novembre 2023, suivies d’un dialogue national et de discussions au sein de la CEDEAO.
Histoire de Sierra Leone
L’histoire de Sierra Leone va des traces archéologiques d’une présence humaine remontant à au moins 2 500 ans au commerce atlantique, à la domination coloniale britannique, à l’indépendance, à la guerre civile et à la reconstruction d’après-guerre. Freetown s’est développée à partir de projets d’installation d’Africains anciennement réduits en esclavage ou libérés, tandis que le régime colonial a ensuite instauré des systèmes politiques et éducatifs différents dans la colonie et le Protectorat. Le passé du pays est documenté par des archives, l’archéologie, des histoires orales, des musées, des dossiers judiciaires et des témoignages publics, qui donnent souvent lieu à des interprétations concurrentes.
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