Le Soudan ne dispose pas d’un portail national unique ni d’un parcours standard couvrant toutes les étapes de la vie. Le réseau pratique commence généralement par l’état civil, puis passe par l’éducation, les soins de santé, la protection de l’enfance, la formation, le travail, les responsabilités familiales et le soutien communautaire. L’Autorité de l’état civil, le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Santé, le ministère de l’Éducation, les autorités judiciaires, les structures étatiques de protection de l’enfance et de protection sociale, les organismes humanitaires et les réseaux communautaires couvrent chacun une partie de ce parcours. L’accès n’est pas accordé automatiquement en raison de l’âge ou des besoins d’une personne. Il dépend des documents, du lieu de résidence, de la sécurité, du déplacement, du fonctionnement des services, de la capacité d’orientation et des financements disponibles. Le tableau de bord 2025 de l’UNFPA fournit des indicateurs démographiques pour le Soudan, notamment sur les groupes d’âge, la fécondité, l’espérance de vie, la santé sexuelle et reproductive, l’éducation et le mariage. Les valeurs nationales exactes peuvent changer avec la mise à jour du tableau de bord ; les chiffres d’un autre pays ou d’une enquête ancienne ne doivent donc pas être transposés au Soudan. Les conditions régionales diffèrent aussi considérablement au Darfour, au Kordofan, au Nil Bleu, à la mer Rouge, à Kassala, à Gedaref, dans le Nord et dans le Nil Blanc. Pendant l’enfance, l’état civil établit le nom, la nationalité et les liens familiaux d’un enfant. L’article 20 de la loi soudanaise de 2011 sur l’état civil rend l’enregistrement des naissances obligatoire. La naissance peut être déclarée par un établissement de santé, une sage-femme, la mère ou le père. Le délai de déclaration habituel est d’environ 15 à 30 jours et l’acte de naissance est gratuit durant la première année. L’enregistrement local reste possible jusqu’à l’âge de 15 ans ; au-delà, une commission médicale peut devoir évaluer l’âge de la personne et des frais nominaux peuvent s’appliquer après la première année. L’acte facilite l’obtention de documents d’identité, les démarches de citoyenneté, l’accès à l’éducation et aux soins, ainsi que la protection contre des risques comme le mariage d’enfants, le travail des enfants, le recrutement et les poursuites pénales pour adultes. L’enregistrement est difficile lorsque les familles sont déplacées, n’ont pas de pièces d’identité, vivent loin d’un bureau ou sont confrontées à une faible capacité locale. Une initiative d’intégration MCCT+ menée en 2025 dans la mer Rouge et à Kassala a concerné 13 496 enfants de moins de deux ans et permis de délivrer 1 312 actes. Un soutien de même type était aussi prévu ou mis en œuvre à Gedaref, dans le Nord et dans le Nil Blanc, avec une extension prévue au Nil Bleu. Ces chiffres montrent la valeur pratique de l’aide à l’enregistrement, mais ne prouvent pas l’existence d’un accès à l’échelle nationale. Les besoins de protection de l’enfance sont considérables. Les risques comprennent les enlèvements, les violences sexuelles et fondées sur le genre, le recrutement, la traite, le travail des enfants, les mutilations génitales féminines, les mariages d’enfants, les munitions explosives et la séparation des membres de la famille. Plus de 2 000 violations graves contre des enfants ont été vérifiées en 2024, et on estimait qu’environ 11,7 millions d’enfants auraient besoin d’un soutien de protection au début de 2025. En 2026, les services comprennent la gestion des cas de protection de l’enfance, le soutien en santé mentale et psychosocial, la prévention des violences fondées sur le genre, les espaces adaptés aux enfants, les réseaux communautaires de protection de l’enfance et les orientations juridiques ou sanitaires. Pour les enfants non accompagnés ou séparés, le parcours de protection habituel comprend la recherche de la famille, la réunification familiale ou une prise en charge alternative en milieu familial. Les solutions de prise en charge alternative restent fragmentées au Soudan et ne sont pas nécessairement disponibles dans toutes les localités. L’éducation est l’un des principaux points de passage entre l’enfance et la jeunesse. Au moins 8 millions d’enfants en âge scolaire n’étaient pas scolarisés, dont plus de 3 millions sur environ 4 millions d’enfants au Darfour. Près de la moitié des bâtiments scolaires n’étaient pas régulièrement utilisables et certains servaient d’abris aux personnes déplacées à l’intérieur du pays. Selon la région, les enfants peuvent fréquenter des écoles rouvertes, des associations de parents et d’enseignants, des espaces d’apprentissage sûrs, des programmes d’apprentissage accéléré ou « Let Us Learn », des services Learning Passport, des cours flexibles ou hors ligne et des préparations à l’examen de 12e année. En 2025, 1 431 espaces d’apprentissage sûrs ont accueilli environ 454 900 enfants et 110 300 adolescents ont participé à des clubs dirigés par des adolescents. De janvier à juin 2026, environ 1,3 million d’enfants ont reçu des services éducatifs et 940 700 personnes ont bénéficié d’un soutien en santé mentale et psychosocial. Il n’existe pas de coûts scolaires uniformes ni de places garanties à l’échelle nationale ; la disponibilité dépend fortement de l’État, de la sécurité et de l’état des installations locales. Les adolescents et les jeunes adultes peuvent passer de l’école à l’apprentissage professionnel, au travail informel, à l’entrepreneuriat social, aux responsabilités familiales ou à de nouveaux déplacements. Les programmes locaux utilisent des termes tels que « adolescents », « jeunes », « compétences de vie », « clubs dirigés par des adolescents » et « Learning to Earning ». Le rattrapage scolaire, le soutien professionnel, les kits de démarrage, les réseaux de pairs et le soutien communautaire peuvent faciliter la transition entre apprentissage et revenus. Parmi les risques courants figurent l’abandon scolaire précoce, les mariages d’enfants, les violences fondées sur le genre, le recrutement, les migrations dangereuses, les déplacements et le travail informel sans protection. En 2026, l’accès à l’éducation, à la protection et au soutien aux moyens de subsistance restait fortement restreint. Il n’existe pas de parcours national standard unique vers l’âge adulte. Les transitions courantes comprennent l’emploi informel, les responsabilités domestiques et de soins, le mariage, la parentalité, les déplacements et le retour après un déplacement. En 2024, on estimait qu’environ 57 % de la population vivait avec moins de 2,15 dollars des États-Unis par jour. L’économie s’est contractée de plus de 20 % en 2023 comme en 2024. Les femmes, les personnes déplacées à l’intérieur du pays, les personnes de retour et les personnes handicapées sont souvent concentrées dans des emplois informels précaires et peuvent être exposées à l’exploitation, au harcèlement, à la violence, à l’absence de documents et à l’interruption des services. L’enregistrement des mariages est décentralisé et relève de la loi de 1991 sur le droit personnel musulman, du ministère de la Justice et des tribunaux traditionnels. L’enregistrement est légalement requis et le certificat peut avoir des conséquences sur l’héritage et d’autres droits. Les sources actuelles disponibles ne permettent pas d’établir un âge minimum national unique pour le mariage qui puisse être affirmé sans risque dans toutes les situations. Des données historiques de l’UNICEF indiquaient qu’environ 34 à 38 % des femmes s’étaient mariées avant 18 ans et environ 12 % avant 15 ans ; ces chiffres ne constituent pas des mesures nationales actuelles. Des données historiques indiquaient aussi des mutilations génitales féminines chez environ 87 % des femmes âgées de 15 à 49 ans et environ 31 % des filles de moins de 14 ans. Les réformes pénales de 2020 et les règles adoptées au niveau des États ont modifié le cadre juridique, mais l’application reste inégale. Saleema, les khalwas et les réseaux communautaires de protection de l’enfance figurent parmi les approches locales de prévention, de soutien et d’évolution des normes sociales. La famille et les réseaux de parenté élargis restent une source informelle centrale de soins et de protection. Le Soudan ne dispose pas d’un système national de soins de longue durée formel vérifié ni d’allocation de soins universelle. Les personnes qui ont besoin d’aide en raison d’un handicap, d’une blessure, d’une maladie chronique, d’un traumatisme ou d’une perte d’autonomie comptent souvent sur leur famille et leurs proches, des bénévoles communautaires, les soins de santé primaires, des services mobiles, des services d’orientation, un soutien en santé mentale et psychosocial, une aide humanitaire en espèces ou une assistance de protection. Les blessures de guerre, les traumatismes et l’effondrement des services augmentent les risques de handicap, d’exclusion et de mauvais traitements. Les données HeRAMS 2025 de l’OMS couvraient 4 363 unités de prestation de services de santé jusqu’au 1er juillet 2025, mais l’analyse opérationnelle n’était pas définitive. Les coûts nationaux, les délais d’attente et les droits garantis ne peuvent donc pas être indiqués de façon fiable. Les personnes âgées dépendent elles aussi principalement de leur famille, du soutien communautaire et de l’aide humanitaire. Aucun aperçu national actuel ne confirme un accès régulier aux pensions, aux services de soins ou à l’hébergement en établissement. L’Atlas de la santé mentale 2024 de l’OMS n’a pas recensé de plan distinct ou intégré de santé mentale pour les personnes âgées. En 2026, HelpAge a indiqué que les personnes âgées touchées par le conflit et les déplacements disposent souvent du moins de ressources, ont la mobilité la plus réduite et rencontrent les obstacles les plus importants pour accéder aux services. Les établissements résidentiels formels et les services d’ONG n’existent que dans certains lieux et ne remplacent pas à l’échelle nationale le soutien familial ou communautaire. La mobilité, les maladies chroniques, l’accès aux médicaments, la protection et l’isolement sont des préoccupations récurrentes. La guerre qui a commencé en avril 2023 a perturbé toutes les étapes de la vie par les déplacements, les séparations familiales, les fermetures d’écoles, la faim, les maladies, les violences fondées sur le genre et la perte de documents. À la mi-2026, environ 33,7 millions de personnes, dont 17,3 millions d’enfants, avaient besoin d’une aide humanitaire, et 9 139 309 personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays. Une réponse pratique commence souvent par les pièces d’identité, puis par la gestion des cas de protection, l’éducation, la santé, la nutrition et le soutien en santé mentale et psychosocial, suivis de l’aide aux moyens de subsistance ou en espèces et de la réunification familiale ou du retour lorsque les conditions le permettent. En juillet 2026, l’UNICEF a indiqué avoir fourni un soutien en santé mentale et psychosocial à 167 300 enfants, adolescents et personnes qui s’occupent d’eux, ainsi qu’un soutien de prévention ou d’atténuation des risques de violences fondées sur le genre à 118 700 personnes. Les déficits de financement peuvent interrompre ces services même lorsqu’un programme local a été mis en place. Le constat national principal est donc celui d’un réseau fonctionnel plutôt que d’un service unifié couvrant les étapes de la vie. L’état civil, les écoles, les établissements de santé, les agents de protection, les programmes de moyens de subsistance, les familles, les groupes communautaires et les organisations humanitaires peuvent soutenir ensemble une personne, mais les responsabilités varient selon le problème et le lieu. Il n’existe ni matrice nationale fiable des coûts et délais d’attente uniformes, ni prestation de soins nationale vérifiée, ni portail centralisé couvrant les étapes de la vie. Toute évaluation pratique doit déterminer les documents de la personne, son lieu, sa sécurité, son statut de déplacement ou de retour, ses besoins liés à l’âge, le prestataire disponible et les possibilités d’orientation.
Les étapes de la vie au Soudan
Au Soudan, les étapes de la vie sont soutenues par un réseau fragmenté d’état civil, d’éducation, de santé, de protection, de travail et de services communautaires, plutôt que par un système national unique. L’accès varie fortement selon le conflit, les déplacements, le lieu, les documents et le fonctionnement des services locaux. L’enregistrement des naissances, les orientations vers les services de protection, le soutien à l’éducation, les soins de santé, l’aide aux moyens de subsistance et les réseaux familiaux ou communautaires relient l’enfance, la jeunesse, l’âge adulte et la vieillesse.
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