L’agriculture reste au cœur du marché du travail soudanais : elle représente environ 40,4 % de la main-d’œuvre dans les estimations disponibles de la FAO et soutient l’alimentation ou les revenus d’environ 65 % de la population. Le travail est souvent saisonnier et dépend de la sécurité, de la météo, des intrants, du transport et du fonctionnement des marchés. Les entreprises familiales, l’élevage, le petit commerce, le transport, la construction, la transformation, l’exploitation minière, l’emploi public et le travail humanitaire ou pour les ONG contribuent également aux possibilités locales. L’emploi salarié formel privé et public concerne une part plus restreinte de la main-d’œuvre, tandis que le travail informel et précaire est répandu. La guerre qui a commencé le 15 avril 2023 a provoqué de graves perturbations économiques. Le PIB réel a diminué selon les estimations de 29,4 % en 2023 et de 14 % en 2024, avant une hausse estimée de 3,1 % en 2025 à partir d’un niveau très bas. L’inflation a atteint environ 170 % en 2024. Dans la comparaison disponible, la part du travail salarié à temps plein est passée de 33 % avant la guerre à 16 %. Une série d’estimations du chômage de la Banque mondiale indique 32 % en 2022 et 47 % en 2024, mais les définitions et les méthodes diffèrent selon les sources ; ces chiffres ne doivent donc pas être considérés comme un taux national actuel précis. Les conditions varient fortement entre les wilayas et les localités. Khartoum a subi d’importants dégâts aux infrastructures et aux services. Le Darfour et le Kordofan connaissent de graves obstacles liés à la sécurité, aux déplacements et aux marchés. Al Jazirah, Sennar, le Nil, Kassala et Gedaref comprennent des zones agricoles, d’accueil et de retour, mais l’accès et la demande varient selon la localité. Aucun classement national fiable et actuel des meilleures régions pour trouver du travail n’existe. On trouve du travail en contactant directement les employeurs, par les réseaux personnels, les intermédiaires locaux, les réseaux sociaux, les offres d’ONG et des Nations unies et certaines agences privées de recrutement. Le Code du travail de 1997 régit les agences pour l’emploi, le recrutement, les apprentissages, l’enregistrement des travailleurs, les contrats, les salaires, le temps de travail, les congés, les cessations d’emploi et les conflits du travail. La Commission de sélection de la fonction publique publie les offres d’emploi du secteur public ; une plateforme unifiée pour l’emploi public a été annoncée en 2025, mais rien ne prouve de manière fiable l’existence d’un service national de mise en relation pleinement opérationnel dans tout le pays pendant le conflit. L’accès formel peut dépendre du statut juridique, des qualifications, des documents et des exigences des employeurs ou des autorités. En pratique, la sécurité, le genre, l’âge, le déplacement, le lieu, la mobilité, le capital, l’accès au téléphone et à Internet et les réseaux personnels influencent également les possibilités. Les femmes et les jeunes sont surreprésentés dans le travail informel et précaire. Les personnes déplacées à l’intérieur du pays et les réfugiés peuvent faire face à des obstacles supplémentaires liés aux documents, à l’autorisation de travail, à la protection et à la mobilité. L’éducation, l’enseignement et la formation techniques et professionnels, les apprentissages, les formations courtes, l’apprentissage par la pratique, le soutien à l’entrepreneuriat, les groupes d’épargne appelés VSLA et les kits de démarrage peuvent améliorer l’accès, mais les interruptions scolaires, l’inadéquation des compétences et les documents manquants limitent souvent la reconnaissance et la progression. La rémunération nominale est instable en raison de l’inflation, de la dépréciation de la monnaie, des perturbations de l’approvisionnement et des écarts de prix régionaux. Un salaire annoncé peut donc perdre rapidement son pouvoir d’achat. Il existe des règles légales sur le salaire, le temps de travail, les congés et la cessation d’emploi, mais leur application dépend fortement de la sécurité et du secteur. Le Code du travail exclut ou traite séparément les fonctionnaires, les membres des forces armées, les travailleurs domestiques, les travailleurs agricoles, les membres de la famille d’un employeur et les travailleurs occasionnels. Le transport, les communications, les documents, la relocalisation et le fonds de roulement peuvent entraîner des coûts importants, tandis que le travail saisonnier et les périodes de formation ou de recrutement varient selon les programmes et les secteurs. Les déplacements ont déplacé à la fois les travailleurs et la demande d’un lieu à l’autre. La DTM de l’OIM a signalé environ 11,58 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays au pic de janvier 2025, environ 8,94 millions encore déplacées en avril 2026 et environ 3,99 millions de personnes de retour. Les déplacements transfrontaliers ont principalement concerné l’Égypte, le Tchad, le Soudan du Sud, l’Éthiopie, la République centrafricaine et la Libye. Les autorisations de travail, les documents, la protection et les risques d’exploitation varient selon la destination. Le marché du travail soudanais doit donc être évalué en fonction du secteur concret, de la localité, de la sécurité, du statut juridique, des compétences et des moyens disponibles pour trouver du travail, plutôt qu’à partir d’une moyenne nationale unique.
Marché du travail au Soudan
Le Soudan a un marché du travail, mais la guerre, les déplacements et les infrastructures endommagées l’ont fortement fragmenté. Le travail informel, l’agriculture, le pastoralisme, les entreprises familiales, le commerce, le transport, la construction, l’exploitation minière, les services publics et le travail humanitaire assurent de nombreux moyens de subsistance, tandis que l’emploi salarié formel reste limité. Les chiffres nationaux actuels sont difficiles à comparer, car le conflit a perturbé les enquêtes et l’activité économique.
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