Le Tchad ne dispose pas d’un code unique et unifié des personnes et de la famille. Le Code civil de 1958 et l’Ordonnance 03/INJ de 1961 coexistent avec les règles coutumières, islamiques ou autres règles religieuses, les pratiques communautaires et les dispositifs humanitaires. Les municipalités, les conseils ruraux, les services d’état civil, les tribunaux, le ministère chargé de la femme et de la protection de l’enfant, les services provinciaux de l’action sociale, les établissements de santé, la CRT, la CNARR, l’UNICEF et les partenaires du HCR peuvent avoir des responsabilités différentes. Les droits formels et l’accès concret varient donc entre les zones urbaines et rurales, les provinces et les lieux de déplacement. Le mariage peut être civil, coutumier ou religieux. L’âge légal du mariage est fixé à 18 ans pour les femmes et les hommes. La Loi 029/PR/2015 et l’Ordonnance 006/PR/2015 prévoient des peines d’emprisonnement de 5 à 10 ans et des amendes de 500 000 à 5 000 000 francs CFA en cas de mariage d’enfant, de mariage forcé ou de célébration d’un tel mariage. L’application des règles demeure inégale, surtout dans les zones rurales. Une procédure d’enregistrement du mariage peut concerner les futurs époux, leurs actes de naissance ou pièces d’identité, des témoins, une dot convenue, un certificat médical prénuptial et la déclaration du régime matrimonial. Les bans peuvent être publiés pendant 10 à 30 jours et, selon la procédure décrite, la célébration doit avoir lieu dans un délai maximal de deux mois. L’enregistrement des mariages est décentralisé ; un profil de l’UNICEF indique qu’aucune obligation générale d’enregistrement du mariage n’est prévue par la loi. Les frais locaux de dépôt et les délais de traitement peuvent néanmoins dépendre du bureau et du jour. La déclaration de naissance est obligatoire en vertu de la Loi 008/PR/2013 et doit être effectuée dans le mois qui suit la naissance. Le père, la mère, un ascendant ou toute autre personne ayant assisté à l’accouchement peut déclarer la naissance auprès d’un bureau d’état civil municipal, rural ou diplomatique. Le certificat est délivré immédiatement et sans frais d’enregistrement lorsque la démarche est accomplie dans les délais. Une déclaration tardive nécessite un jugement supplétif et entraîne des frais de justice. Le taux d’enregistrement demeure faible : l’enquête par grappes à indicateurs multiples de 2019 indiquait qu’environ 22 % des enfants de moins d’un an et 26 % des enfants de moins de cinq ans étaient enregistrés. Les services mobiles et ceux liés aux établissements de santé peuvent faciliter l’accès. Un acte de mariage n’est pas nécessaire pour déclarer une naissance. Selon l’article 42 de la Constitution, les parents ont le droit et le devoir d’élever leurs enfants et de les instruire. Dans la pratique, les ménages, la famille élargie et les communautés assurent l’essentiel des soins quotidiens, tandis que l’aide formelle est généralement ciblée ou liée à un projet ou à une situation de crise. La planification familiale est proposée dans les établissements de santé et dans le cadre d’activités communautaires. Un projet de l’OMS mené en 2024 a travaillé avec 45 établissements, et l’UNFPA indiquait qu’en 2023, 96 % des points de service proposaient au moins trois méthodes modernes. La distance, le financement, les problèmes d’approvisionnement, l’accès des adolescents et les obstacles sociaux peuvent encore limiter le recours aux services. Aucune allocation familiale universelle n’a été mise en évidence. Les articles 107 à 109 du Code du travail de 1996 prévoient une suspension de travail liée à la maternité de 14 semaines, normalement réparties entre six semaines avant et huit semaines après la naissance. Une interdiction obligatoire de travailler s’applique pendant les quatre semaines précédant et les six semaines suivant la naissance. La protection contre le licenciement lié à la grossesse et les pauses d’allaitement sont également prévues dans le cadre décrit. Aucune règle générale sur le congé parental ou le congé de paternité n’a été trouvée. La couverture peut être moins directe pour les travailleurs informels et doit être vérifiée séparément. L’aide sociale est fragmentée et ciblée. En 2024, le Registre social unique comprenait 25 000 ménages vulnérables. Un dispositif de la Banque mondiale mis en place la même année ciblait 40 000 ménages en situation d’insécurité alimentaire aiguë et 25 000 ménages touchés par les inondations ou réfugiés au moyen de transferts d’urgence ponctuels. L’admissibilité, le montant et le calendrier des versements dépendent du programme et de critères de ciblage comme la pauvreté, les chocs, le statut de réfugié ou celui de la communauté d’accueil. Aucun droit universel à une allocation pour enfant ou famille n’est documenté. Les enfants séparés ou non accompagnés, les orphelins, les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur du pays peuvent bénéficier d’une gestion de cas. Le processus habituel comporte six étapes : identification et enregistrement, consentement éclairé, évaluation, plan individuel de prise en charge, suivi et clôture du dossier. Une famille d’accueil temporaire ou une autre forme de prise en charge, un soutien psychosocial, médical, nutritionnel ou juridique, la recherche des proches et le regroupement familial peuvent être organisés par les services provinciaux de l’action sociale, la CRT, l’UNICEF et le HCR et, dans les lieux de déplacement, la CNARR ou le CISM. L’accès dépend de la situation géographique et sécuritaire et des projets disponibles. Les divorces et les litiges familiaux peuvent relever des tribunaux civils, des autorités coutumières ou religieuses, ou de mécanismes communautaires. Le Code civil prévoit le divorce pour faute ou par consentement mutuel et permet de présenter des demandes concernant la garde, la pension alimentaire et les biens matrimoniaux. La coexistence de plusieurs systèmes peut entraîner des procédures et des résultats différents ; les coûts et les délais judiciaires ne sont pas normalisés de façon fiable à l’échelle nationale. La Loi 006/PR/2002 relative à la santé de la reproduction interdit les violences fondées sur le genre, les violences domestiques, les mutilations génitales féminines, le mariage précoce et les abus sexuels. Les services destinés aux survivants comprennent un soutien médical, psychosocial, juridique et socio-économique, mais les centres spécialisés sont concentrés dans les zones bénéficiant d’un soutien. La déclaration des décès est obligatoire dans le mois qui suit le décès. Le conjoint survivant, un ascendant, un descendant, un proche parent ou une autre personne informée peut signaler le décès en présentant un certificat médical de décès et des pièces d’identité ou actes de naissance. Aucun frais de déclaration n’est prévu, mais des frais d’hôpital ou d’établissement de certificat peuvent s’appliquer. L’acte de décès peut être nécessaire pour une succession ou une demande d’aide sociale. Avant tout dépôt urgent, renseignez-vous auprès du bureau local et du prestataire sur les pièces, frais et services disponibles.
Famille au Tchad
Au Tchad, la vie familiale est façonnée par le droit moderne, les pratiques coutumières et religieuses, le soutien communautaire et les services humanitaires. Le mariage, l’enregistrement des naissances, la parentalité, les soins, la séparation et le décès relèvent de démarches formelles et informelles différentes ; les droits et l’accès aux services peuvent donc varier selon le lieu et la situation. Les documents d’état civil, les services de santé maternelle et infantile, l’aide ciblée et le soutien au regroupement familial peuvent influer sur la protection, l’héritage, l’éducation et l’accès aux services.
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