Le Code du travail s’applique aux entreprises privées, publiques, parapubliques et d’État, y compris aux agents publics employés sous contrat. Il s’applique généralement sans distinction de nationalité, de sexe, de religion, d’opinion politique, d’origine, de rémunération ou de lieu de signature du contrat lorsque le travail est effectué en République démocratique du Congo. Les magistrats, les fonctionnaires de carrière régis par des statuts généraux ou particuliers, les forces armées, la police nationale, le service national, les marins et les travailleurs à bord de bateaux peuvent relever de règles distinctes. Le ministère de l’Emploi et du Travail fixe les normes et accorde les approbations. L’Inspection Générale du Travail et les inspections provinciales ou locales du travail contrôlent leur respect, conseillent les employeurs et les travailleurs, consignent les infractions et peuvent ordonner des mesures immédiatement exécutoires en cas de danger grave et imminent. L’Office National de l’Emploi, ou ONEM, soutient les services du marché de l’emploi et le placement. La Caisse Nationale de Sécurité Sociale, ou CNSS, administre la protection sociale, tandis que le Tribunal du Travail traite les litiges après les procédures préalables obligatoires. Les différences entre provinces et localités concernent surtout l’inspection compétente et la mise en œuvre pratique, et non le cadre national des droits. Un contrat de travail ordinaire exige que le travailleur ait au moins 18 ans. Un contrat écrit devrait identifier l’employeur et les renseignements relatifs à la CNSS, le travailleur, le poste, le salaire, le lieu de travail, la durée, le délai de préavis, la date de début et l’aptitude médicale. Un contrat à durée indéterminée correspond à un poste permanent. Un contrat à durée déterminée est limité à une période, une tâche ou un remplacement précis et ne peut normalement dépasser deux ans, ou un an dans certaines situations de séparation familiale. Le Code limite généralement l’utilisation des contrats à durée déterminée à deux contrats et un renouvellement, sous réserve d’exceptions pour le travail saisonnier ou de projet et des règles ministérielles applicables. Une période d’essai écrite peut durer jusqu’à un mois pour un travail non qualifié et six mois pour les autres travaux. L’employeur doit déclarer l’embauche et le départ à l’Inspection du travail et à l’ONEM dans les 48 heures, et inscrire le travailleur à la CNSS dans les 15 jours ouvrables. La durée normale du travail ne peut dépasser 45 heures par semaine ou huit heures par jour. Les heures supplémentaires donnent lieu à un paiement majoré. Les travailleurs bénéficient d’au moins 24 heures consécutives de repos sur chaque période de sept jours, de préférence le dimanche. Après un an de service, le congé annuel est d’au moins un jour ouvrable par mois pour les travailleurs de plus de 18 ans et d’un jour et demi ouvrable par mois pour les travailleurs de moins de 18 ans, avec un jour supplémentaire tous les cinq ans de service. Le travailleur ne peut renoncer à ce congé, bien que jusqu’à la moitié puisse être reportée pendant deux ans. Les jours fériés suivent la liste légale applicable, y compris l’ordonnance n° 23-042/2023. L’égalité de rémunération s’applique à un travail égal effectué avec des qualifications et un rendement équivalents. Le salaire est versé en francs congolais et peut être fixé individuellement ou collectivement, mais ne peut être inférieur au salaire minimum applicable. Pour un travailleur ordinaire non qualifié, le SMIG est de 14 500 CDF par jour pour les salaires versés à partir de mai 2025 et de 21 500 CDF par jour à partir de janvier 2026. Les allocations familiales correspondent à 1/27 du SMIG par enfant, et l’équivalent logement à un cinquième du montant journalier de l’allocation familiale. Les employeurs versent à l’ONEM une cotisation de 0,5 % de la rémunération mensuelle, déclarent le montant avant le 10 du mois suivant et le paient avant le 15. La couverture de la CNSS concerne les travailleurs formels et certaines catégories atypiques, notamment les journaliers, les travailleurs occasionnels, à domicile et domestiques. Ses branches comprennent les pensions, les risques professionnels et les prestations familiales. Les cotisations de pension totalisent 10 %, réparties à parts égales entre employeur et travailleur. Les employeurs versent également 1,5 % pour les risques professionnels et 6,5 % pour les prestations familiales. L’âge ordinaire de la retraite est de 60 ans après au moins 180 mois d’assurance. Une retraite anticipée volontaire peut commencer à 55 ans après 180 mois, avec une réduction de 5 % pour chaque année d’anticipation. Les employeurs doivent déclarer un accident du travail dans les 60 jours et une maladie professionnelle dans les 120 jours. Les employeurs doivent assurer des conditions de travail sûres et hygiéniques, des mesures de santé au travail, des services médicaux et une représentation en matière de sécurité ou d’hygiène. Le harcèlement sexuel et moral est interdit. La grossesse ou la maternité ne peuvent justifier une discrimination ou un licenciement. Le congé de maternité dure 14 semaines, normalement six avant la naissance et huit après ; il peut être prolongé de 21 jours au maximum en cas de maladie liée. Le Code du travail prévoit les deux tiers de la rémunération et des avantages pendant la période protégée, tandis qu’une allocation journalière de la CNSS peut s’appliquer si la travailleuse satisfait aux conditions de cotisation et d’ancienneté, notamment au moins 12 mois de service et un arrêt effectif du travail. L’emploi ou l’apprentissage peut généralement commencer à 15 ans, mais les travailleurs de moins de 18 ans sont protégés contre le travail dangereux, le travail de nuit, le travail du dimanche et les tâches interdites. Le travail léger et sain est soumis à des conditions particulières, et le travail des enfants dans l’exploitation minière artisanale, y compris les activités informelles liées au cobalt, reste un risque pratique élevé. Les syndicats s’enregistrent auprès du ministère. Une délégation syndicale est élue au scrutin secret sur listes pour un mandat renouvelable de trois ans. Ses membres disposent de 15 heures rémunérées par mois pour leur représentation et doivent être consultés sur les horaires, l’embauche, le licenciement, les transferts, la rémunération, le règlement intérieur et la sécurité. Un délégué syndical ou un suppléant ne peut être licencié ou transféré qu’après autorisation préalable de l’Inspection du travail, qui statue normalement dans le mois. Une convention collective peut résulter de négociations collectives. Les grèves et lock-out doivent suivre la procédure prescrite de règlement des différends, et les représailles ou menaces contre les travailleurs sont interdites. Un employeur peut mettre fin à un contrat à durée indéterminée pour un motif valable lié à l’aptitude ou à la conduite, sous réserve de l’audition requise et d’une explication écrite. L’avis écrit doit indiquer le motif. Les parties peuvent aussi mettre fin au contrat d’un commun accord conformément à l’article 61 bis. Le licenciement écrit relève de l’article 61 ter ; en cas d’acte lié à une obstruction, la notification doit avoir lieu dans les huit jours. Le préavis de l’employeur pour les catégories 1 à 5 est d’au moins 14 jours, auxquels s’ajoutent sept jours pour chaque année de service accomplie. Pour les agents de maîtrise, il est d’au moins un mois plus neuf jours par année accomplie, et pour les cadres, d’au moins trois mois plus 16 jours par année accomplie. Le travailleur reçoit normalement la moitié du préavis de l’employeur. L’absence de préavis peut entraîner le paiement de la rémunération et des avantages correspondant à la période restante. Un licenciement injustifié peut entraîner la réintégration ou des dommages-intérêts fixés par le tribunal pouvant atteindre 36 mois de salaire. Le Code ne prévoit pas d’indemnité légale générale de licenciement ou de réduction d’effectifs. Les licenciements économiques sont soumis à des garanties supplémentaires. Les représentants des travailleurs doivent recevoir un avis écrit au moins 15 jours à l’avance. Les seuils applicables aux licenciements collectifs varient selon la taille de l’établissement : 3, 4, 10, 30, 50, 100, 200, 250 ou 300 travailleurs. Le ministère doit autoriser un licenciement collectif ; les autres licenciements économiques nécessitent l’approbation ou l’examen applicable de l’Inspection du travail. Un litige individuel du travail doit d’abord passer par une conciliation devant l’Inspection du travail. La convocation devrait être délivrée dans les 15 jours, avec un préavis d’au moins trois jours. L’Inspection consigne un accord ou un échec de conciliation. Une action en justice doit normalement être déposée dans les 12 mois suivant la réception par le travailleur du procès-verbal de non-conciliation. Les conflits collectifs commencent par une conciliation de l’inspection et peuvent passer par une médiation du ministère ou d’une commission du gouverneur avant le Tribunal du Travail. Une action collective doit généralement être déposée dans les dix jours ouvrables suivant l’expiration du délai de préavis de grève ou de lock-out. Comme l’application formelle est plus faible et que la pratique est souvent informelle, travailleurs et employeurs devraient conserver le contrat écrit, les relevés de paie, l’inscription à la CNSS, les documents d’inspection et le procès-verbal de conciliation.
Droit du travail en République démocratique du Congo
Le droit du travail en République démocratique du Congo régit le travail dépendant. Il couvre les contrats, le temps de travail, la rémunération, la sécurité, la représentation, les litiges et la fin de l’emploi. Le Code du travail fournit le principal cadre national. Son application demeure fragmentée, surtout dans le secteur informel.
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