La Constitution du 18 février 2006, modifiée le 20 janvier 2011, décrit la République démocratique du Congo comme un État souverain, indivisible, démocratique, social et laïque régi par l’État de droit. Le français est la langue officielle ; le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba sont des langues nationales. La Constitution prévaut sur les autres règles de l’État et protège notamment l’égalité, les procédures équitables, la liberté d’expression et de la presse, l’information, les réunions, les manifestations et les associations. Ces libertés sont soumises à des limites légales visant à protéger l’ordre public, les bonnes mœurs et les droits d’autrui. Le président est chef de l’État, élu au suffrage universel, ne peut exercer plus de deux mandats de cinq ans, nomme le Premier ministre issu de la majorité parlementaire et est commandant en chef. Le gouvernement met en œuvre la politique nationale, le Premier ministre coordonne son action et le gouvernement répond de son action devant l’Assemblée nationale. Le Parlement se compose de l’Assemblée nationale et du Sénat ; il adopte les lois, contrôle le gouvernement et approuve le budget. L’Assemblée nationale représente la population, tandis que le Sénat représente les provinces ; les anciens présidents siègent à vie au Sénat. Le pouvoir judiciaire est indépendant. Parmi les principales juridictions figurent la Cour constitutionnelle, la Cour de cassation, le Conseil d’État et les juridictions militaires. Le Conseil supérieur de la magistrature contribue à l’organisation de la justice. Dans de nombreuses régions, les conflits, les déplacements de population et l’insécurité rendent l’accès aux tribunaux et aux autorités publiques difficile. Les autorités coutumières et les modes locaux de règlement des différends restent importants en pratique, mais doivent respecter la Constitution, les lois et l’ordre public. La République démocratique du Congo compte 26 provinces, dont Kinshasa, qui a un statut provincial spécial. Chaque province possède une assemblée provinciale et un gouvernement provincial ; le gouverneur et le vice-gouverneur sont élus par l’assemblée provinciale et nommés par le président. Les villes, les communes, les secteurs (secteurs) et les chefferies (chefferies) sont des entités territoriales décentralisées dotées de la personnalité juridique. Les territoires, quartiers, groupements et villages sont en revanche des unités administratives déconcentrées sans personnalité juridique propre. Le ministère de l’Intérieur coordonne les compétences centrales en matière de sécurité intérieure, de décentralisation et d’affaires coutumières ; les gouverneurs, administrateurs de territoire, maires, chefs de secteur et chefs de chefferie appliquent les règles de l’État ou de la province selon leurs responsabilités. L’accès aux services publics dépend de l’autorité compétente, du service, des documents requis, de la langue, des transports et de la situation sécuritaire. Il n’existe pas de procédure ni de tarif unique à l’échelle nationale pour tous les services publics. Dans les zones de conflit, les dispositifs humanitaires ou communautaires peuvent être accessibles en pratique, mais ne remplacent pas automatiquement le service public compétent. Dans l’est, des rapports font état de groupes armés exerçant leur propre contrôle ou mettant en place des structures administratives parallèles ; ce contrôle de fait ne doit pas être confondu avec le mandat officiel de l’État. L’État est financé au moyen de la loi de finances annuelle. Les provinces et les entités territoriales décentralisées disposent de recettes propres et reçoivent une part des recettes nationales ainsi que des transferts. Selon la Constitution, 40 % des recettes nationales sont allouées aux provinces ; dix pour cent de certaines recettes nationales financent la Caisse nationale de péréquation. Les entités territoriales décentralisées ont droit à 40 % des recettes nationales allouées aux provinces et à 40 % des impôts provinciaux partagés. Les versements effectifs et leur utilisation doivent être vérifiés pour l’année et la province concernées. La Cour des comptes réalise des audits externes indépendants a posteriori de l’État, des provinces, des entités territoriales décentralisées et des établissements publics. L’Inspection générale des finances enquête et audite les organismes de l’État et les entités décentralisées. Le contrôle parlementaire, la transparence financière et le suivi des conclusions fonctionnent différemment en pratique. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication est chargé des médias et de la communication publique, notamment de la protection des médias, de la déontologie professionnelle, du pluralisme de l’information et de l’égalité d’accès. Les fonctions de sécurité nationale relèvent principalement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC). Le président détient la plus haute responsabilité militaire et sécuritaire, tandis que le ministère de l’Intérieur s’occupe de la sécurité publique et de l’administration territoriale. L’état de siège est un régime constitutionnel exceptionnel de sécurité ; sa proclamation dure initialement 30 jours, puis des prolongations de 15 jours sont prévues. Un tel régime exceptionnel est en vigueur en Ituri et au Nord-Kivu depuis 2021 ; son statut actuel et chaque prolongation doivent être vérifiés dans le dernier arrêté ou la dernière loi officielle. La portée réelle de l’État, l’exécution budgétaire, l’autorité des services publics et la situation sécuritaire peuvent changer rapidement selon la province et la zone.
L’État en République démocratique du Congo
L’ordre étatique de la République démocratique du Congo repose sur la Constitution de 2006 et associe un État unitaire à la décentralisation. Le président, le gouvernement, le Parlement et les tribunaux indépendants se partagent les responsabilités de l’État. Les provinces et les unités locales ont leurs propres responsabilités, mais leur portée varie fortement selon le lieu, l’administration, la sécurité et les infrastructures.
VivAVia peut faire des erreurs. Vérifie les informations importantes.

