Plus de 90 % de la population du Gabon vit en zone urbaine, Libreville et Port-Gentil étant les principales zones de forte densité. Environ 36,6 % de la population urbaine vit dans des quartiers informels, notamment dans des zones exposées aux inondations, aux zones humides ou aux pentes instables. Les routes secondaires sont souvent non revêtues ou en mauvais état, et la pluie peut limiter l’accès. Les capitales provinciales peuvent disposer d’un schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU), un plan local de développement urbain, mais sa mise en œuvre est inégale. Les infrastructures de base existent, mais l’accès et la qualité dépendent fortement de la municipalité et de la proximité des réseaux. La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) assure la plupart des raccordements formels à l’eau et à l’électricité. Un nouveau raccordement nécessite normalement un devis, un paiement et une caution ; le devis peut prendre environ 15 jours ouvrables et la mise en service environ 15 jours ouvrables après la signature du contrat. Le tarif social de l’eau couvre jusqu’à 15 mètres cubes par mois. Les factures sont généralement mensuelles et doivent être payées dans les 15 jours, faute de quoi le service peut être suspendu. Pour un nouveau raccordement social, au moins 25 % du devis peut être payable au départ, le solde pouvant être étalé sur 3, 6 ou 12 mois sans intérêts. Les coûts varient selon chaque dossier. L’accès à l’eau en zone urbaine est estimé à environ 90 %, contre environ 55 % en zone rurale, mais les interruptions et les problèmes de qualité restent fréquents. Les données nationales sur l’eau potable gérée en toute sécurité et l’assainissement ne sont pas disponibles dans les données de l’OMS de 2022 citées par la recherche ; l’accès au lavage des mains est d’environ 48 %. Les puits informels et les points d’eau publics peuvent constituer des solutions de remplacement, mais leur qualité, leur entretien et l’entité responsable doivent être vérifiés localement. Le traitement des eaux usées et des boues de vidange reste très limité, ce qui accroît les risques de contamination des eaux de surface et souterraines. Plusieurs projets publics visent à combler ces lacunes. Le Projet d’appui au développement des infrastructures au Gabon (PADIG) concerne Oyem, Lambaréné, Koulamoutou, Franceville, Mouila, Lebamba et Ndendé. Il prévoit des infrastructures résilientes au climat, des équipements publics, le drainage, la protection contre les inondations, des voies piétonnes et l’éclairage. Le Projet d’accès aux services de base en milieu périurbain (PASBAP) porte sur l’eau, l’électricité, l’assainissement sûr et le traitement des boues de vidange pour environ 535 000 bénéficiaires ; sa mise en œuvre se poursuit jusqu’en 2032. Ces projets ne garantissent pas un niveau de service uniforme dans tous les quartiers. Le Gabon dispose de règles légales encadrant le bruit et les vibrations. La loi n° 007/2014 fixe des seuils et des mesures applicables aux installations, aux bâtiments et aux véhicules. Le Code pénal de 2020 considère comme une infraction les nuisances de voisinage persistantes, répétées ou intenses, passibles de jusqu’à trois mois d’emprisonnement et/ou d’une amende pouvant atteindre 1 000 000 FCFA ; le maximum peut doubler en cas de nuisance nocturne ou de non-respect d’une injonction officielle. Les plaintes sont traitées localement par l’autorité administrative, policière ou environnementale responsable de la source de la nuisance. Aucune carte nationale du bruit ni plateforme publique unique de dépôt des plaintes n’a été identifiée comme vérifiée. Les règles relatives à la pollution de l’air confient à la Direction générale de l’environnement et de la protection de la nature (DGEPN) la responsabilité du suivi, du contrôle des installations et des exigences environnementales. Les données de l’OMS indiquent une moyenne annuelle urbaine de PM2,5 de 21,14 microgrammes par mètre cube en 2019 ; une fiche de suivi de l’OMS de 2025 fait état d’environ 26 microgrammes, soit près de cinq fois la valeur guide de l’OMS de 5 microgrammes. Le suivi national et municipal reste incomplet et les sources examinées n’ont pas permis de vérifier l’existence d’un réseau public national en temps réel. Le trafic local, l’industrie et le brûlage des déchets sont des sujets plus pertinents que la pollution de l’air intérieur, compte tenu de l’accès déclaré de 92 % aux combustibles propres. Aucun service municipal national de parcs ou d’espaces verts n’a pu être vérifié au Gabon. Les terrains municipaux ouverts au public, arboretums, zones côtières et mangroves ainsi que les espaces protégés peuvent offrir des solutions de remplacement fonctionnelles, mais l’accès dépend du lieu et de l’activité. L’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) gère officiellement les parcs nationaux ; les parcs nationaux et la conservation relèvent principalement du thème Nature, et non de l’accès quotidien ordinaire aux espaces verts. Les activités dans les zones protégées peuvent nécessiter un formulaire ou une autorisation de l’ANPN. Les inondations, les canalisations de drainage obstruées, les dépôts illégaux de déchets et les terrains de construction instables sont des risques importants pour la sécurité liés au cadre de vie. La protection civile et le ministère de l’Intérieur coordonnent les interventions en cas de catastrophe et les réponses aux problèmes de sécurité publique. Les règles environnementales imposent des obligations de prévention et de gestion des risques aux parties responsables. À Libreville, des rapports ont établi un lien entre les déchets et les remblais illégaux, d’une part, et l’obstruction de l’écoulement de l’eau, d’autre part. Aucune carte générale vérifiée de la sécurité des quartiers n’existe ; il faut donc vérifier localement les accès et les modalités d’intervention. La participation du public est possible pour les projets concernés. La loi n° 007/2014 prévoit le droit d’accéder aux informations relatives à l’environnement et à la santé ainsi que de formuler des observations sur les projets ayant un impact environnemental. Les projets soumis à une étude d’impact environnemental et social (EIES) font l’objet d’une enquête publique avant leur approbation ; une notice d’impact environnemental et social (NIES) est une évaluation environnementale et sociale plus limitée, utilisée lorsque cela s’applique. La DGEPN publie ou réalise ces évaluations, tandis que l’entreprise porteuse du projet, la préfecture ou la municipalité peut également organiser des consultations. Les associations agréées peuvent participer aux commissions et contester les décisions préjudiciables à l’environnement. Ces consultations sont propres à chaque projet et ne constituent pas un canal permanent pour les plaintes du quotidien concernant le quartier. L’évolution urbaine est déterminée par la croissance rapide, les risques d’inondation et climatiques, l’absence de réseaux, les problèmes d’assainissement et les lacunes de la gestion des déchets. Le Plan national de développement 2024–2026, le PADIG, le PASBAP, les plans locaux SDAU et les mesures d’urbanisme constituent les principaux axes de réforme et d’investissement. Des améliorations sont attendues à moyen ou long terme, mais il n’existe pas de calendrier national fiable pour la mise à niveau de chaque quartier. Le logement, la nature et les transports influent sur le cadre de vie, mais restent des sujets distincts lorsqu’ils constituent l’enjeu principal.
Cadre de vie au Gabon
Le cadre de vie au Gabon dépend de l’eau, de l’électricité, des routes, du drainage, des déchets, du bruit, de la qualité de l’air, des espaces verts et de la sécurité locale. Aucune autorité nationale ne gère seule tous ces domaines : ministères, municipalités, SEEG, DGEPN, ANPN et organismes de protection civile se partagent les responsabilités. Les conditions varient fortement entre Libreville, Port-Gentil, les villes de province et les zones rurales, surtout pendant la saison des pluies.
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