Le fondement constitutionnel est la Ley Fundamental, promulguée le 16 février 2012 après un référendum organisé le 13 novembre 2011. Elle définit la Guinée équatoriale comme une république souveraine, indépendante, sociale et démocratique, reconnaît le pluralisme politique et attribue la souveraineté au peuple. L’espagnol et le français sont des langues officielles, tandis que les langues autochtones font partie de la culture nationale. L’État revendique des droits exclusifs sur les ressources naturelles et les hydrocarbures de son territoire, qui comprend le Río Muni, Bioko, Annobón, plusieurs îles plus petites, ainsi que les eaux et l’espace aérien environnants. Le président exerce un mandat de sept ans et, selon le texte constitutionnel, ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Il détermine la politique nationale, dirige et convoque le Consejo de Ministros, sanctionne et promulgue les lois, peut exercer un droit de veto, nomme et révoque les hauts fonctionnaires civils et militaires, et commande les forces armées et la sécurité de l’État. Le Premier ministre coordonne l’administration, tandis que le Consejo de Ministros élabore la politique générale et supervise l’application des lois. Une réforme de 2026 a créé une nouvelle structure centrale comprenant 20 départements ministériels. Dans cette structure, la sécurité nationale, la défense, ainsi que l’intérieur et l’administration territoriale relèvent de responsabilités distinctes. Manuel Osa Nsue Nsua a été reconduit au poste de Premier ministre en 2026, avec Cándido Matuatema Bahita comme vice-premier ministre. Le Parlement comprend deux chambres, la Cámara de los Diputados et le Senado. Il légifère, approuve le budget et exerce un contrôle en séance plénière et par l’intermédiaire de commissions spécialisées, notamment en examinant des propositions financières, contractuelles et de contrôle. Le pouvoir judiciaire comprend la Corte Suprema de Justicia, le Tribunal Constitucional, les tribunaux ordinaires et militaires, ainsi que la Fiscalía. Les juges et les magistrats sont formellement soumis à la loi, mais des évaluations externes relèvent des limites pratiques à l’indépendance judiciaire et des risques d’influence politique ou administrative. Le Consejo Superior del Poder Judicial est formellement l’organe directeur du pouvoir judiciaire ; le président le préside et en nomme six membres pour des mandats de cinq ans. Le territoire est divisé entre la Región Continental, également appelée Río Muni, et la Región Insular. Les huit provinces sont Annobón, Bioko Norte, Bioko Sur, Centro Sur, Djibloho, Kie-Ntem, Litoral et Wele-Nzas. Les provinces sont divisées en districts et en municipalités. L’article 3 de la Ley Fundamental laisse à la législation le soin d’en fixer les noms et les limites. Ces échelons administratifs existent formellement, mais la décentralisation effective reste limitée. Pour accéder aux services publics, il faut généralement s’adresser au ministère compétent ou à l’administration régionale et locale. Le cadre juridique comprend la Ley de Procedimiento Administrativo et la Ley de Régimen Jurídico de la Administración General del Estado. La couverture des services et les délais de traitement ne sont pas publiés de manière uniforme, et rien ne permet d’établir l’existence d’un portail électronique gouvernemental entièrement unifié et fiable. Les réformes de 2026 visent à moderniser, rationaliser et coordonner l’administration et à améliorer l’efficacité des services. La monnaie est le FCFA au sein de la zone monétaire de la CEMAC. En 2024, les recettes publiques effectives se sont élevées à 1 386 591 millions de FCFA et les dépenses à 1 429 501 millions de FCFA, soit un déficit de 42 910 millions de FCFA. Au premier semestre 2025, les recettes ont atteint 805 532 millions de FCFA et les dépenses 658 122 millions de FCFA, soit un excédent temporaire de 148 420 millions de FCFA. Le budget 2026 prévoit l’équilibre entre recettes et dépenses, à hauteur de 1 294 282 millions de FCFA, dont 295 449 millions de FCFA de recettes non pétrolières et 998 837 millions de FCFA de recettes pétrolières. Ces chiffres montrent une dépendance structurelle aux hydrocarbures. Le FMI évalue le risque de tensions souveraines comme élevé et estimait l’ajustement budgétaire nécessaire à environ 2,3 points de pourcentage du PIB hors hydrocarbures pour 2026. CONTFIN fonctionne au niveau ministériel à Bioko ; son extension au continent et l’inclusion des dépenses en capital sont prévues. Le programme de réforme comprend également un compte unique du Trésor et un manuel d’exécution du budget. Le contrôle est formellement confié au Tribunal de Cuentas, qui dispose d’une autonomie administrative et budgétaire constitutionnelle et examine les fonds publics, les biens de l’État et les déclarations de patrimoine des agents publics. Son mandat est établi, mais une loi d’application de 2026 était encore en cours d’examen au Parlement ; son organisation opérationnelle reste donc en développement. Le Defensor del Pueblo, nommé par les deux chambres du Parlement pour cinq ans puis ratifié par le président, peut recevoir des plaintes relatives aux dysfonctionnements de l’administration publique, assurer une médiation et engager des procédures d’amparo. La Commission nationale des droits de l’homme a été renforcée par le Decreto-Ley 05/2025, mais les Nations unies ont estimé qu’elle n’est pas encore indépendante au regard des Principes de Paris et qu’elle dispose de ressources limitées. Une loi anticorruption existe, mais son application concrète et l’indépendance des institutions restent insuffisamment établies. La Constitution protège formellement la liberté d’expression, de réunion et d’association. Dans la pratique, l’État contrôle fortement l’environnement informationnel : la radio et la télévision nationales sont publiques, des pouvoirs de censure préalable existent, les médias indépendants sont limités et la diffamation pénale demeure un risque. Rien ne permet d’établir de manière fiable l’existence d’une loi générale sur l’accès à l’information. Une réforme de la loi sur la presse proposée en 2026 n’était qu’un projet et ne constitue pas le droit en vigueur. Les organisations civiques, les journalistes et les acteurs de l’opposition sont exposés à des risques de surveillance et de répression. La loi confie aux forces armées, aux services de sécurité de l’État et aux forces de maintien de l’ordre la responsabilité de l’indépendance, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté, de la sécurité de l’État, de la sécurité publique et du fonctionnement des institutions étatiques. Toutes les forces de sécurité relèvent du président. Des rapports font état de risques, notamment de détention arbitraire, de torture ou de mauvais traitements, de conditions de détention sévères et de restrictions à la liberté de réunion. Les garanties juridiques et la possibilité de saisir les tribunaux ou le Defensor del Pueblo existent formellement, mais leur efficacité est incertaine. Les frais administratifs et judiciaires peuvent dépendre du droit applicable, notamment de la Ley de Tasas Fiscales ; il n’existe pas de frais uniques applicables à tous les services de l’État. Les déplacements entre les régions insulaires et continentales peuvent aussi constituer un obstacle pratique à l’accès.
État en Guinée équatoriale
La Guinée équatoriale est une république unitaire formellement constitutionnelle, dont le système politique et administratif est fortement centralisé autour du président. L’État est organisé en deux régions, huit provinces, 19 districts et 37 municipalités. Ses institutions comprennent l’exécutif, un Parlement bicaméral, les tribunaux, l’administration publique et des organes de contrôle. Les recettes pétrolières et gazières influencent fortement les finances publiques.
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