À la Grenade, les contrats de travail peuvent être conclus pour une durée indéterminée, pour une durée déterminée ou pour une tâche précise. Un contrat à durée déterminée ou lié à une tâche portant sur une fonction normale et permanente de l’entreprise est considéré comme un contrat à durée indéterminée. Dans le mois suivant le début du travail, l’employeur doit remettre par écrit les principales conditions d’emploi, notamment l’identité des parties, la date de début, la rémunération ou son mode de calcul, la périodicité du paiement, les fonctions, les horaires normaux, les clauses de cessation d’emploi et les règles disciplinaires. Cette obligation ne s’applique pas de la même manière aux emplois de moins de 16 heures par semaine, aux emplois à durée déterminée ou liés à une tâche de moins de 12 semaines, à l’emploi de membres de la famille proche ou aux cas couverts de manière équivalente par une convention collective. Sauf disposition contraire du contrat, la période d’essai peut durer jusqu’à un mois pour un travail non qualifié et trois mois pour les autres emplois ; pendant cette période, chaque partie peut mettre fin à l’emploi sans préavis. En règle générale, les enfants de moins de 16 ans ne peuvent pas travailler. Une exception limitée concerne le travail pendant les vacances et les dispositifs d’école technique ou d’expérience professionnelle approuvés par une autorité publique. Un navire ne peut employer une personne de moins de 16 ans. Les employeurs doivent tenir un registre des travailleurs de moins de 18 ans ; les travailleurs de moins de 18 ans employés à bord d’un navire doivent avoir un certificat médical et ne peuvent travailler entre 21 h et 6 h. Les limites de la durée du travail varient selon le secteur. L’agriculture, la construction et les activités industrielles sont généralement limitées à 40 heures par semaine, du lundi au vendredi. Les emplois de bureau, de magasin et de restauration sont généralement limités à 44 heures par semaine ; les emplois de bureau et de magasin s’étendent du lundi au samedi. Le travail domestique et la sécurité peuvent atteindre 60 heures par semaine. Un travailleur qui travaille plus de six jours consécutifs bénéficie d’au moins 24 heures de repos. Les limites journalières normales sont de huit heures, de dix heures pour le travail domestique, y compris une période de repas ou de repos de deux heures, et de douze heures pour le travail de sécurité ou en équipes. Un travail qui dure plus de cinq heures d’affilée exige une pause repas d’au moins une heure. Une pause plus courte, d’au moins 30 minutes, peut être convenue moyennant un avis écrit au Labour Commissioner. Les heures supplémentaires doivent être convenues et rémunérées au moins une fois et demie le taux normal ; le travail du dimanche et des jours fériés doit être rémunéré au moins au double du taux normal. Les salaires payés à l’heure, à la journée, à la semaine, à la pièce ou à la tâche doivent être versés au moins toutes les deux semaines. Les salaires mensuels ou annuels doivent être versés au moins une fois par mois. Les travailleurs occasionnels sont payés chaque jour ou selon l’intervalle hebdomadaire, bimensuel ou mensuel convenu. À chaque paiement, l’employeur doit remettre un bulletin de paie détaillé. Les retenues sont limitées : selon les règles indiquées, les amendes, les retenues pour travail négligent ou dommages matériels et les frais liés à l’obtention d’un emploi ne sont pas autorisés. Le salaire final est dû dans les sept jours suivant la fin de l’emploi. Le Minimum Wages Order, 2023, SRO 42, est entré en vigueur le 1er janvier 2024 et a remplacé le SRO 30/2011. Il fixe des taux en dollars des Caraïbes orientales, notamment 100 EC$ par jour pour un mécanicien de machines à coudre de vêtements, 85 EC$ pour un coupeur, 70 EC$ pour un opérateur et 60 EC$ pour un agent de nettoyage ; 1 200 EC$ par mois pour un employé de bureau ou un assistant administratif, un caissier ou un réceptionniste ; 9,25 EC$ par heure pour le travail de sécurité ; 60 EC$ par jour pour le travail domestique et agricole ; 108 EC$ par jour pour le travail sanitaire ; 1 200 EC$ par mois pour les travailleurs de la petite enfance à partir de 2024 et 1 400 EC$ à partir de 2025 ; 1 400 EC$ par mois pour les aidants de personnes âgées ; 375 EC$ par semaine pour un enfourneur ou boulanger, 350 EC$ pour le travail de pâtisserie et 300 EC$ pour l’emballage ou le conditionnement ; 1 400 EC$ par mois pour les aides ou employés polyvalents ; 375 EC$ par semaine pour les reporters ou annonceurs des médias ; et 8,50 EC$ par heure pour le travail en centre d’appels. Dans l’hôtellerie et la restauration, les taux comprennent 9,50 EC$ par heure pour les cuisiniers ou barmans, 8,60 EC$ pour les assistants, 9,25 EC$ pour les serveurs ou serveuses et 8,50 EC$ pour leurs assistants ou les porteurs. Dans la construction, les taux varient selon le grade : les charpentiers, menuisiers, peintres, plombiers, électriciens et ferrailleurs ont des taux journaliers précisés par grade, tandis que les manœuvres reçoivent 60 EC$ et les aides 65 EC$. Dans les transports, les taux des conducteurs de véhicules vont de 80 à 110 EC$ par jour selon la taille du véhicule ; les chauffeurs d’autobus reçoivent 80 EC$ et les receveurs 60 EC$. Le sous-paiement des travailleurs par un employeur constitue une infraction. Une première condamnation peut entraîner une amende pouvant atteindre 5 000 EC$ et une récidive une amende pouvant atteindre 10 000 EC$ ; le tribunal peut aussi ordonner le paiement de la différence de salaire et, le cas échéant, des intérêts. Il incombe à l’employeur de prouver le paiement, et celui-ci doit afficher les avis relatifs aux salaires. Le Wages Advisory Committee examine les salaires minimums au moins tous les trois ans. Le congé annuel payé est généralement de deux semaines pendant la première année ouvrant droit au congé, puis de trois semaines les années suivantes. Les travailleurs rémunérés à la journée ou à l’heure acquièrent une journée ouvrée payée pour chaque tranche de 15 jours ou de 120 heures travaillées. Les congés annuels acquis mais non pris sont payables à la fin de l’emploi. Le congé maladie payé est accessible après au moins 12 mois de service continu et nécessite un certificat médical ; le salaire normal est réduit du montant de la prestation du National Insurance Scheme. Un travailleur peut avoir jusqu’à cinq périodes de congé maladie par an sans certificat. Après plus de deux mois de maladie, l’employeur peut organiser un examen médical. Un congé pour responsabilités familiales peut être convenu avec l’employeur, qui ne peut refuser sans motif raisonnable. Le congé de maternité dure trois mois. Pour bénéficier généralement d’un congé payé, il faut avoir travaillé sans interruption pendant 18 mois ou avoir effectué 105 jours de travail rémunéré à la journée au cours des 18 mois précédents. L’indemnité de maternité est d’au moins 40 % du salaire de deux mois pour les travailleurs payés au mois, 40 % du salaire de quatre périodes de deux semaines pour les travailleurs payés à la semaine ou toutes les deux semaines, ou le montant calculé selon la formule journalière applicable. Un travailleur qui ne satisfait pas aux conditions d’accès au congé payé peut bénéficier de trois mois de congé de maternité non payé. Après le premier droit au congé payé, le congé de maternité payé est généralement limité à une fois tous les deux ans et à trois occasions, y compris la première. Le congé de maternité s’ajoute au congé annuel. Le licenciement motivé par une grossesse constitue une infraction ; il incombe à l’employeur de prouver le contraire, et celui-ci peut encourir une amende pouvant atteindre 5 000 EC$, une peine d’emprisonnement pouvant atteindre un an et une réintégration. Le Factories Act prévoit des pouvoirs en matière de santé, de sécurité et de bien-être au travail. Les inspecteurs du Department of Labour peuvent entrer dans les lieux de travail et examiner les registres portant sur le travail, la rémunération, les horaires et les accidents. Un travailleur peut quitter une situation qu’il estime raisonnablement présenter un danger grave et imminent ; les représailles à ce titre sont interdites. La politique de Grenade en matière de sécurité au travail fait référence à la Convention 155 de l’OIT, mais les recherches n’ont pas établi qu’une nouvelle loi sur la santé et la sécurité au travail soit entrée en vigueur pour la remplacer. Carriacou et Petite Martinique restent soumis au régime national ; l’amélioration de l’accès géographique aux services est un objectif prioritaire de politique publique. Les travailleurs et les employeurs peuvent enregistrer des organisations, adhérer à des associations, créer des fédérations et s’affilier à l’échelle internationale. Les actes de discrimination antisyndicale, les menaces, les promesses et les entraves sont nuls. Un syndicat soutenu par la majorité peut demander à devenir l’agent exclusif de négociation ; le Labour Commissioner détermine l’unité de négociation. Après une demande, le ministre peut ordonner un scrutin. Le délai de demande est de 14 jours ouvrables et la certification ou le refus intervient dans les sept jours ouvrables suivant le scrutin. Un syndicat certifié dispose de droits exclusifs de négociation et doit pouvoir négocier de bonne foi ; les conventions collectives sont déposées auprès du Labour Commissioner. Les grèves et les lock-out restent soumis au Labour Relations Act. Un gréviste qui a agi légalement peut reprendre son poste s’il se présente dans les deux jours ouvrables suivant la fin du mouvement, sauf si le poste a été supprimé. Une violation individuelle prévue par la loi peut être signalée au Labour Commissioner, qui peut engager des poursuites, ou portée devant le tribunal. Les procédures fondées sur l’Employment Act devant le magistrate’s court ne nécessitent pas de frais de dépôt. Une plainte pour licenciement abusif doit généralement parvenir au Labour Commissioner dans les trois mois. La procédure peut se poursuivre du Labour Commissioner au ministre, puis à l’Arbitration Tribunal. L’employeur doit prouver le motif du licenciement et démontrer qu’il était juste et équitable. Les mesures de réparation peuvent inclure la réintégration, le réengagement ou une indemnisation. L’indemnisation minimale est de deux semaines de salaire par année de service pour moins de deux ans de service, et d’un mois de salaire par année de service au-delà de deux ans. Les conflits du travail suivent normalement une procédure de conciliation par le Labour Commissioner, de médiation ministérielle puis de saisine de l’Arbitration Tribunal. Le Department of Labour vise à mener la conciliation ou la médiation dans les 30 jours ouvrables. Les différends concernant les services essentiels suivent une procédure obligatoire devant le Tribunal sous l’autorité du ministre ; les actions collectives sont interdites pendant que l’affaire est en cours, jusqu’à 60 jours ouvrables, avec une prolongation possible de 28 jours. Une sentence applicable peut être définitive et contraignante, publiée et exécutée par la High Court ou au moyen d’une action civile. Après la période d’essai, le préavis de l’employeur est d’un jour ouvrable pour moins d’un mois de service, d’une semaine pour un à moins de trois mois, de deux semaines pour trois mois à moins d’un an, d’un mois pour un à moins de cinq ans et de deux mois pour cinq ans ou plus. Un salarié donne généralement un préavis de deux semaines après trois mois de service et d’un mois après un an. Le préavis peut être remplacé par une indemnité, et une faute grave peut justifier un licenciement immédiat. Les motifs valables comprennent les capacités, la conduite, les besoins opérationnels, les conditions du contrat et les règles disciplinaires. Le licenciement est interdit en raison de caractéristiques protégées, d’une grossesse, d’une absence pour maladie ou blessure, du refus d’effectuer un travail dangereux, d’une action collective légale, d’une plainte ou de l’engagement d’une procédure. Le licenciement indirect est reconnu, et l’employeur doit fournir un certificat de cessation d’emploi sur demande. Une indemnité de cessation d’emploi à l’initiative de l’employeur est généralement due après au moins un an de service continu lorsqu’aucune gratification ne s’applique ; elle doit représenter au moins une semaine de salaire par année de service. Les exceptions comprennent le licenciement justifié par la conduite, le refus d’un réemploi équivalent, certains cas de dissolution d’un partenariat et l’atteinte de l’âge de 60 ans ou de l’âge de la retraite. En cas d’insolvabilité, les créances prioritaires comprennent les salaires et heures supplémentaires des 26 dernières semaines, les congés payés des deux dernières années, les autres absences payées des 12 derniers mois et les indemnités de cessation d’emploi. Un ressortissant étranger travaillant dans le secteur privé a généralement besoin d’un Work Permit valide avant de commencer à travailler. Le ministre peut l’accorder ou le refuser à sa discrétion. Le permis est normalement valable un an, désigne l’employeur, la personne et la profession, et n’est pas transférable. Les employeurs peuvent avoir des obligations de publicité locale et de formation. Les citoyens couverts par le protocole de l’OECS peuvent bénéficier d’exemptions de permis de travail au titre du guide applicable, et le CARICOM Skills Certificate constitue une autre voie possible. L’autorisation d’immigration et les droits liés à l’emploi sont des questions connexes, mais distinctes. Le Department of Labour et le Labour Commissioner sont les principaux points de contact locaux. Le Labour Department se trouve au Ministerial Complex, 3rd Floor, Sir Eric M. Gairy Botanical Gardens, Tanteen, St. George’s, et indique les numéros de téléphone 473-440-2532 et 473-435-4416. Aucun frais pour les usagers n’est indiqué pour les services de conseil, d’inspection ou de plainte. Une réforme du Labour Code a été annoncée et était en cours de finalisation en 2026, mais rien ne montre qu’elle soit entrée en vigueur ; les lois et ordonnances existantes restent donc le cadre établi par les éléments de recherche.
Droit du travail à la Grenade
Le droit du travail à la Grenade régit les contrats de travail, la durée du travail, la rémunération, les congés, la sécurité au travail, la représentation, les différends et la cessation d’emploi. Le cadre principal comprend l’Employment Act, 1999, le Labour Relations Act, 1999, le Factories Act et le Minimum Wages Order, 2023. Le Department of Labour, le Labour Commissioner, l’Arbitration Tribunal et la High Court constituent les principales voies de contrôle et de règlement des différends.
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