L’amitié se noue et s’entretient principalement au fil des contacts sociaux ordinaires. La famille et les proches, les voisins, l’école ou l’université, le travail, le sport, la musique, la culture, les loisirs, les communautés locales, les groupes de bénévoles et les réseaux en ligne peuvent tous donner l’occasion de rencontrer des gens. Les termes kirghiz дос (ami, dos) et достук (amitié, dostuk) désignent cette relation. Rien n’indique que les lieux de rencontre organisés pour les jeunes constituent un moyen de rencontre prédominant à l’échelle nationale. Une étude menée dans 30 écoles innovantes a relevé une participation aux clubs sportifs de 22,5 %, aux activités de musique ou de danse de 18 %, aux loisirs de 9,2 % et au théâtre de 6,9 % ; 83 % de ces écoles avaient un parlement des élèves. Ces données scolaires ne sont pas représentatives à l’échelle nationale. Les données disponibles sur les jeunes montrent que l’accès varie selon l’âge, le genre, le lieu de résidence, la langue, les revenus, l’accès à Internet, la distance, le handicap et la disponibilité d’espaces publics sûrs. Dans l’enquête de 2020, les rencontres régulières avec des amis étaient plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes, à hauteur de 41,9 % contre 22,2 % ; l’enquête a également constaté que les femmes rencontraient plus souvent leurs amis en privé à la maison et moins souvent dans des bars, des cafés, des clubs ou des lieux de rencontre pour jeunes. L’intégration entre pairs était légèrement plus élevée en milieu rural, tandis que les groupes d’amis en ville étaient plus diversifiés sur les plans ethnique, linguistique et social. Environ la moitié des personnes interrogées ont déclaré que l’origine ethnique, la langue ou le statut social n’avaient pas d’importance dans le choix de leurs amis, et 25,5 % ont indiqué appartenir à un groupe de pairs interreligieux. Ces résultats décrivent le groupe interrogé et ne doivent pas être considérés comme une règle valable pour tous les âges ou toutes les régions. La relation peut comprendre la loyauté, la confiance, des conseils émotionnels ou sociaux, le temps libre partagé, l’entraide et des apprentissages informels. Dans la même enquête, 85,2 % des personnes interrogées jugeaient la loyauté importante ou très importante, 74,6 % déclaraient faire confiance à leurs amis et 53,8 % leur accordaient une confiance profonde. La fréquence des contacts, l’exclusivité, les limites personnelles et le degré d’entraide relèvent des personnes concernées. Une amitié privée ne crée pas automatiquement un droit à un soutien financier, à une représentation, à la confidentialité ou au maintien des contacts. Au Kirghizistan, l’amitié privée ne fait l’objet d’aucun enregistrement par l’État, ne donne lieu à aucun certificat, n’impose aucune adhésion et ne comporte aucune procédure officielle de rupture. Les protections constitutionnelles relatives à l’égalité, à la vie privée, à la dignité, au secret des correspondances et des communications électroniques, à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique peuvent s’appliquer aux personnes et aux situations concernées. Les droits ne peuvent être exercés d’une manière qui porte atteinte aux droits d’autrui. Une école, un club, un groupe de bénévoles ou un projet peut aussi imposer ses propres règles, exigences de protection et obligations convenues. La loi sur les réunions pacifiques concerne les réunions formelles de groupe et ne régit pas les amitiés privées ordinaires. La loi sur la jeunesse no 157 est en vigueur depuis le 8 février 2024 et définit les jeunes comme les personnes âgées de 14 à 35 ans. Elle soutient la participation, le développement, les organisations de jeunesse, la recherche, le bénévolat et les mouvements de jeunesse par l’intermédiaire des structures de politique publique de la jeunesse, des organismes chargés de l’éducation, de la culture et du sport, ainsi que des collectivités locales. Les organisations de jeunesse peuvent se constituer localement avec ou sans personnalité juridique, mais l’accès et les activités varient selon la région et l’institution. Le bénévolat n’est pas rémunéré et peut apporter des connaissances, de l’expérience et des compétences, mais il ne garantit pas de nouer une amitié ni de créer une relation personnelle. Le programme de bénévolat de l’UNICEF est présent au niveau national et régional pour les personnes âgées de 14 à 25 ans. Il exige la maîtrise du kirghiz et/ou du russe et propose des formations sur la protection, la communication, la culture numérique et médiatique et le travail communautaire. Les consignes publiées indiquent une activité d’environ 60 heures par mois, sans rémunération. De tels programmes peuvent favoriser les contacts et la coopération, mais ne constituent ni une plateforme nationale d’amitié ni un service de mise en relation. La communication numérique est courante, mais elle ne remplace pas les contacts personnels pour tout le monde. Dans l’enquête de 2020 sur les jeunes, 74,5 % utilisaient fréquemment les messageries, les salons de discussion, Skype, WhatsApp, Viber ou FaceTime et 23,1 % les utilisaient de temps en temps. Les réseaux sociaux étaient utilisés régulièrement par 56,8 % des personnes interrogées et occasionnellement par 23,8 %, tandis que 17,4 % déclaraient ne pas avoir accès à Internet. Les appareils, le coût des données et l’accès au réseau influent donc sur la possibilité d’entretenir une amitié en ligne. Les migrations, les études et le travail peuvent étendre les amitiés au Kirghizistan et dans d’autres pays. Les statistiques nationales font état d’une hausse de l’immigration, de 8 229 personnes en 2021 à 14 669 en 2024, et d’une baisse de l’émigration, de 8 998 à 3 461 personnes ; ces chiffres ne mesurent toutefois pas directement les amitiés. Les amitiés en ligne peuvent exposer à des risques tels que l’hameçonnage, le piratage de comptes, les escroqueries, les faux profils, la divulgation d’informations personnelles sans consentement, la perte de vie privée, le cyberharcèlement et la poursuite en ligne d’un conflit hors ligne. Utilisez des mots de passe robustes et l’authentification à deux facteurs, partagez le moins de données personnelles possible, méfiez-vous des demandes d’argent et des liens non vérifiés, refusez les demandes de profils inconnus et signalez les incidents. Les discussions nationales de 2025 et 2026 ont porté sur l’agressivité en ligne et le cyberharcèlement chez les jeunes, mais leur prévalence à l’échelle nationale n’est pas établie. Les écoles, les familles et les plateformes peuvent chacune contribuer à la protection dans les situations appropriées. Un projet structuré de rapprochement entre groupes, mené avec des étudiants locaux et internationaux à Bichkek et à Och, de novembre 2023 à mai 2024, a mesuré des améliorations de la confiance, de l’empathie, de la volonté d’entrer en contact et du sentiment de sécurité après des activités organisées. Ce résultat est propre au projet et ne peut pas être considéré comme un taux national. Les rencontres locales, le bénévolat, le sport, les activités culturelles et la participation à la vie communautaire peuvent néanmoins élargir concrètement les contacts sociaux là où l’accès est sûr. La distance peut être gérée grâce à des nouvelles régulières convenues ensemble, des discussions de groupe, des appels vocaux ou vidéo, des activités numériques partagées et des visites. Les dépenses habituelles sont liées aux données, au téléphone, aux transports et aux rencontres ; il n’existe pas de paiement public ni de tarif général pour entretenir une amitié. Les activités organisées peuvent être gratuites ou payantes selon le prestataire. Les personnes concernées peuvent parler directement d’un conflit, fixer des limites, réduire les contacts, y mettre fin, bloquer les communications ou quitter un groupe ou un lieu. Une école, une université, un coordinateur de bénévoles ou un responsable de projet peut aider si le conflit survient dans ce cadre. En cas de violence, de menaces, de chantage, de harcèlement ou de cyberattaque grave, il faut recourir à des dispositifs de protection et aux services chargés de l’application de la loi, et non s’attendre à une réconciliation informelle. Le soutien de la famille ou de la communauté peut aider, mais le Kirghizistan ne dispose ni d’un service public de médiation des amitiés ni d’un service spécialisé d’accompagnement après une rupture amicale. Les enfants et les adolescents confrontés à la violence, aux menaces, aux abus ou à un harcèlement grave peuvent appeler gratuitement le 111, ligne publique pour les enfants ouverte 24 heures sur 24, pour obtenir des conseils, faire enregistrer leur situation et être orientés. En cas de danger immédiat, contactez la police ou les services d’urgence.
L’amitié au Kirghizistan
Au Kirghizistan, l’amitié est personnelle, librement choisie et non romantique. Les gens se rencontrent par l’intermédiaire de leur famille, à l’école, au travail, dans le sport, les loisirs et les communautés. L’amitié privée n’est ni enregistrée par l’État ni soumise à une procédure officielle de rupture.
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