Au Mali, aucune autorité unique n’est chargée de la vie en commun. Les responsabilités sont partagées entre l’État, les collectivités territoriales, les conseils de village, les fractions et les quartiers, les autorités coutumières et religieuses, les organisations communautaires et les groupes de la société civile. Un conseil de village, une fraction ou un quartier est une instance locale qui contribue à organiser la concertation, la résolution des problèmes locaux et les affaires communautaires. Les communes peuvent recourir à des consultations, à des plans de développement local, à des discussions publiques sur le budget et à des forums communautaires. Ces dispositifs sont formels dans certains contextes et principalement informels dans d’autres ; aucun frais ni délai uniforme à l’échelle nationale ne s’applique à la participation ordinaire au niveau du quartier. La Constitution de 2023 protège l’égalité et interdit les discriminations fondées sur l’origine, la région, la langue, le groupe ethnique, le genre, la religion et l’opinion politique. Elle protège les libertés de pensée, de conscience, de religion, d’opinion, d’expression, d’association, de réunion, de cortège et de manifestation. Les langues nationales ont un statut officiel, tandis que le français reste la langue de travail de l’administration. Dans la vie quotidienne, les normes sociales, les aînés, les responsables religieux et les accords locaux influencent également les comportements ; toutefois, une règle juridique formelle prévaut lorsqu’elle est en conflit avec une pratique locale. L’exercice concret des libertés civiques peut malgré tout dépendre des conditions de sécurité et de la situation politique. Le Mali est multilingue. Lors du recensement RGPH5 de 2022, le bamanankan était la langue principale de 57,83 % de la population, suivi du fulfulde (6,24 %), du maninkakan (5,91 %), du sarakolé (5,34 %) et du dôgôssô (4,56 %). L’usage des langues locales peut faciliter la participation, tandis que les démarches administratives peuvent nécessiter le français. Les femmes, les jeunes, les personnes déplacées à l’intérieur du pays, les réfugiés et les personnes handicapées peuvent avoir besoin de mesures d’inclusion spécifiques. Le HCR a fait état d’environ 400 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays et d’environ 138 500 réfugiés enregistrés du Niger et du Burkina Faso au 30 juin 2025, ainsi que de plus de 89 000 personnes supplémentaires ayant besoin d’être enregistrées. Les conflits communautaires peuvent porter sur l’accès aux terres et aux ressources, le vol de bétail, les relations entre communautés, les déplacements de population ou les violences. La médiation locale peut faire intervenir une commission foncière (Commission foncière), les autorités coutumières, des responsables religieux ou communautaires et des forums de dialogue. La police, la gendarmerie et les tribunaux constituent des voies formelles. La médiation locale peut être plus rapide ou plus accessible dans certains endroits, mais la reconnaissance ou le jugement d’un tribunal relève du système judiciaire formel. PROSMED a indiqué que ses interventions de 2024 ont touché plus de 106 000 personnes, contribué à résoudre pacifiquement 433 conflits locaux et produit 81 procès-verbaux de conciliation reconnus par les tribunaux. L’accès dépend de l’endroit, et les représailles, les groupes armés, les difficultés de déplacement et la présence limitée des autorités publiques peuvent créer des risques. Les espaces publics comprennent les lieux publics, les marchés, les stades, les rues et les quartiers. Les communes, l’administration locale, la police, la gendarmerie, les comités de sécurité et les acteurs communautaires peuvent en organiser l’usage au moyen de règles locales, de réunions publiques, de campagnes sur la circulation ou la sécurité et de canaux de signalement. La liberté de circulation, de réunion et d’expression reste soumise à la loi, mais les préoccupations de sécurité peuvent restreindre l’accès ou les rassemblements publics dans certains lieux. Les recherches disponibles n’établissent aucun frais ni délai uniforme à l’échelle nationale pour l’usage des espaces publics. Au Mali, le logement partagé s’organise principalement autour des ménages et du soutien communautaire plutôt que selon un modèle standardisé d’appartement partagé. Les familles élargies, les familles d’accueil et les communautés d’accueil peuvent héberger des personnes déplacées ou réfugiées. Les membres du ménage conviennent de règles pratiques concernant l’eau, l’assainissement, l’intimité et les ressources partagées, tandis que les communes, les comités de protection, le HCR et les organisations partenaires peuvent soutenir la protection communautaire. Le droit du logement et de la location relève d’une question distincte ; ici, l’accent porte sur la vie en commun, la protection et les règles pratiques du quotidien partagé. La vie en commun en ligne repose sur un cadre juridique formel, mais sa mise en œuvre reste inégale. L’utilisation d’Internet était de 36,8 % en 2024, et les abonnements au haut débit mobile s’élevaient à 61 pour 100 personnes. L’autorité malienne de protection des données, l’APDP, traite les droits relatifs aux données personnelles, notamment l’information, l’opposition et les réclamations ; les données sur la religion, l’origine ethnique et les opinions politiques bénéficient d’une protection renforcée. Le régulateur des communications, l’AMRTP, peut être compétent pour les litiges entre consommateurs et opérateurs, tandis que les plateformes proposent leurs propres canaux de signalement. L’accès au réseau, les tarifs, les compétences numériques et les différences entre zones urbaines et rurales influencent les recours disponibles. Aucun service national de médiation communautaire en ligne n’est documenté.
Vivre ensemble au Mali
La vie en commun au Mali est façonnée par les droits constitutionnels, les collectivités locales, les autorités coutumières et religieuses, les groupes communautaires et les accords informels. Les modalités concrètes varient beaucoup d’une région à l’autre, en particulier lorsque les conflits, les déplacements de population ou la faiblesse des services publics affectent la vie quotidienne. La langue, la religion, le genre, l’âge, le handicap et les déplacements d’une région à l’autre influencent la participation, l’accès aux services et la protection.
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