Le marché du travail malien décrit la manière dont les personnes proposent leur travail, dont les entreprises et les institutions recrutent et dont l’emploi varie selon le secteur, la région, la qualification, le genre et le type de travail. Les données de l’INSTAT pour 2021-2022 comptabilisaient 11 851 516 personnes âgées de 15 ans et plus. La population active comptait 6 912 026 personnes, dont 6 748 249 personnes en emploi et 163 777 personnes au chômage. Le taux d’activité était de 58,3 %, le taux d’emploi de 56,9 % et le taux de chômage de 2,4 % ; 4 939 489 personnes étaient inactives. L’EMOP 2024 P2 a enregistré un taux d’emploi de 58,0 %, soit 75,4 % pour les hommes et 42,9 % pour les femmes. Ces chiffres portent sur des périodes et des définitions différentes et ne doivent pas être combinés comme une seule série. La mesure plus large SU3 de sous-utilisation de la main-d’œuvre s’élevait à 5,7 %, ce qui montre que le faible chômage déclaré ne démontre pas, à lui seul, l’existence d’un emploi stable ou adéquat. L’emploi informel prédomine. Il représentait environ 95,5 % de l’emploi au total, 98 % parmi les jeunes et 93,2 % parmi les adultes dans les données citées de l’INSTAT. Les unités de production étaient classées à 66,7 % comme informelles, à 28 % comme unités ménagères et à 5,4 % comme formelles. Selon le statut d’emploi, 48,5 % travaillaient à leur propre compte, 28 % étaient des travailleurs familiaux contribuant à l’activité et 22,9 % étaient salariés. L’EMOP 2024 utilisait une autre classification et comptait 60,8 % d’employeurs ou de travailleurs indépendants, 11,5 % de salariés et 27,7 % d’apprentis ou de travailleurs familiaux contribuant à l’activité. Le travail informel s’effectue souvent sans contrat écrit, congé payé ou couverture de sécurité sociale ; le taux de chômage ne montre donc pas l’ensemble de l’insécurité ou du sous-emploi. L’agriculture, l’élevage et la pêche fournissent la plus grande part des emplois. La classification sectorielle de l’INSTAT attribue 64 % des emplois à l’agriculture, 8,7 % à l’industrie et 27,3 % aux services. L’EMOP 2024 a publié une autre répartition : 55,1 % dans le secteur primaire, 12,1 % dans l’industrie, 20,8 % dans le commerce et 12,1 % dans les services. La différence tient aux classifications et aux périodes de référence ; ce n’est pas une contradiction permettant d’additionner les chiffres. Le commerce est essentiel aux moyens de subsistance en ville, tandis que l’industrie et les services offrent généralement de meilleures perspectives de revenu lorsque les qualifications, le capital et l’accès aux employeurs formels le permettent. L’accès varie fortement selon la région. Dans la série régionale citée, le taux d’activité était de 67,7 % à Sikasso, 62,8 % à Mopti, 59,4 % à Kayes, 58,7 % à Koulikoro, 58,3 % à Ségou, 51,8 % à Bamako, 47,9 % à Kidal, 45,5 % à Gao et 34,9 % à Tombouctou. Bamako est un grand centre urbain du commerce, de l’administration et des services. Sikasso affiche un taux d’activité élevé ainsi qu’une forte activité agricole et de transformation agroalimentaire. Les régions du centre et du nord offrent moins d’accès et sont exposées à des risques plus importants liés aux marchés et à la sécurité. Les données régionales doivent être lues en tenant compte de leur année, de leur couverture et des conditions de sécurité, car elles ne décrivent pas des possibilités identiques dans chaque localité. Les jeunes et les femmes font face à des écarts marqués. Parmi les personnes âgées de 15 à 35 ans, le taux d’activité était de 54 %, soit 70,3 % pour les hommes et 40,3 % pour les femmes ; le chômage des jeunes était de 3,6 %. L’acronyme NEET désigne les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation ; selon les données citées, 1 922 785 jeunes, soit 31,2 %, se trouvaient dans cette situation. Cette part était de 46,8 % chez les jeunes femmes et de 12,5 % chez les jeunes hommes. Les femmes sont également fortement sous-représentées dans les emplois salariés et formels. La rémunération varie selon le genre, l’âge, le secteur, le statut d’emploi et la qualification. L’EMOP 2024 a enregistré un salaire horaire moyen de 630,9 FCFA pour les hommes et de 309,0 FCFA pour les femmes. En prenant le salaire horaire des hommes comme base de 1 000 FCFA, le chiffre pour les femmes était d’environ 490 FCFA, soit un écart d’environ 51 %. Chez les personnes âgées de 15 à 24 ans, les chiffres étaient de 339,2 FCFA pour les hommes et de 217,6 FCFA pour les femmes. Chez les cadres supérieurs, ils étaient de 1 486,5 et 1 157,4 FCFA ; chez les travailleurs manuels, de 371,7 et 196,8 FCFA ; et pour le travail indépendant, de 753,0 et 333,0 FCFA. Les chiffres des apprentis différaient : 210,4 FCFA pour les hommes et 299,4 FCFA pour les femmes. Il s’agit de moyennes, et non de salaires garantis pour un emploi donné. Le SMIG est le salaire minimum légal au Mali. Le taux officiel de 2004 était de 164,19 FCFA par heure ou de 28 460 FCFA par mois. Le Décret D.86-10 de 2022 a fixé des taux mensuels minimums allant de 40 000 FCFA pour la catégorie I à 49 000 FCFA pour la catégorie VII. Il faut vérifier la catégorie, le secteur et la convention collective applicables avant de se fier à un taux. Une modification de 2024 portait sur les contrats de travail, les ruptures, les conventions collectives et la rémunération. Dans l’emploi formel, le Code du travail malien encadre les contrats à durée déterminée écrits, les repos, les congés, la non-discrimination, l’égalité salariale, l’interdiction du travail forcé et l’apprentissage. Un CDD doit être écrit ; un contrat de plus de trois mois doit être déposé à l’inspection du travail avant le début du travail, sa durée est généralement limitée à deux ans et il ne peut généralement être renouvelé que deux fois. Le maintien au travail au-delà de la limite autorisée peut entraîner la transformation du contrat en contrat à durée indéterminée ; la fin d’un CDD peut entraîner une indemnité égale à 2,5 % du salaire brut lorsqu’aucune règle collective ne prévoit autre chose. Les qualifications peuvent s’acquérir dans l’enseignement professionnel formel ou non formel, les centres de formation professionnelle, le système APC, l’apprentissage ou les stages de qualification. L’apprentissage est généralement accessible de 15 à 21 ans ; dès l’âge de 13 ans, il n’est possible qu’après l’achèvement du premier cycle fondamental. L’employeur assure une formation méthodique et inscrit l’apprenti dans un centre professionnel lorsqu’il en existe un localement. Le temps de formation en centre compte comme temps de travail. L’allocation d’apprentissage représente au moins 25 % du SMIG la première année, 50 % la deuxième année et le SMIG la troisième année. Selon le parcours, un examen de fin de formation et un CQP, certificat de qualification professionnelle, peuvent être accessibles. L’ANPE, Agence Nationale Pour l’Emploi, est un établissement public national qui recueille les offres, rapproche l’offre et la demande, informe et oriente, soutient le travail indépendant, la formation, la reconversion et l’inclusion, et travaille à améliorer l’accès des femmes et des personnes handicapées. Ses bureaux régionaux, ses offres en ligne et ses services de CV peuvent servir de points d’entrée. L’APEJ, Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes, s’adresse aux jeunes femmes et aux jeunes hommes de 15 à 40 ans dans les zones rurales et urbaines, diplômés ou non, y compris les membres de la diaspora. Ses parcours comprennent les stages de formation, les stages de qualification, l’apprentissage, la reconversion, les activités de travaux publics HIMO, l’entrepreneuriat, le financement de projets et le crédit. L’accès dépend du programme concerné, du nombre de places et des règles de sélection ; ni l’ANPE ni l’APEJ ne donnent droit à un emploi. Une candidature peut exiger un dossier, une preuve d’âge et de nationalité, une pièce d’identité et, le cas échéant, un diplôme. Les échéances, la durée, la sélection et les frais dépendent du programme ; les éléments disponibles n’établissent aucun frais général standard d’inscription ou de placement. L’ANPE propose également des services de migration professionnelle par l’intermédiaire de sa DCM, Direction de la Coopération et de la Migration, et des services de mise en relation par sa DI. Sa DFPE est axée sur le travail indépendant, la formation et la pré-insertion ou l’insertion ; DOME fournit un référentiel national des métiers et des emplois, ainsi que des services d’orientation, de reconversion et de mise en relation. Les personnes de retour au pays peuvent utiliser des parcours d’emploi, de formation ou de travail indépendant, dont d’éventuels dispositifs de réinsertion OFII-ANPE. Le Mali a quitté la CEDEAO le 29 janvier 2025. La CEDEAO a déclaré que, pendant la transition, la reconnaissance des pièces d’identité, la circulation sans visa, la résidence et l’établissement continueraient jusqu’à nouvel ordre ; les règles bilatérales et celles du pays d’accueil doivent toutefois être vérifiées pour chaque projet migratoire. Environ 235 000 jeunes entrent chaque année sur le marché du travail malien, alors que la création d’emplois formels reste sous pression. Le Cadre de partenariat pays de la Banque mondiale pour 2026-2031 privilégie la création d’emplois dans le secteur privé, le capital humain, l’agriculture, l’énergie, la jeunesse et les femmes. L’agriculture, l’extraction de l’or et du lithium, le textile et les services représentent d’importantes pistes de croissance. Les chocs climatiques, l’insécurité et les variations de prix peuvent provoquer une forte volatilité régionale et saisonnière. Une évaluation réaliste compare donc la demande locale, les compétences, les transports et la sécurité, ainsi que les différences entre travail salarié et indépendant et les protections associées à l’emploi formel, plutôt que de se fier au seul taux de chômage.
Marché du travail au Mali
Le marché du travail malien est dominé par le travail informel, indépendant et familial, tandis que l’agriculture demeure la principale source d’emplois. Les chiffres de l’INSTAT pour 2021-2022 font état de 6 748 249 personnes en emploi parmi les personnes âgées de 15 ans et plus, et de 163 777 personnes au chômage ; le taux de chômage de 2,4 % ne rend pas compte du sous-emploi ni des conditions informelles. Les femmes, les jeunes et certaines régions ont un accès nettement plus limité au travail rémunéré et formel ; l’ANPE et l’APEJ proposent des voies de mise en relation, de formation et de travail indépendant.
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