Le système électoral somalien couvre les élections fédérales, les États membres de la fédération, le SSC-Khaatumo, le Gobolka Banaadir et les élections de district ou locales. Le cadre actuel remplace l’ancien système indirect fondé sur les clans et les délégués du modèle 4.5 par le Qof iyo Cod, généralement décrit comme « une personne, une voix ». La transition n’a pas encore débouché sur une élection fédérale nationale complète selon le nouveau système, et les sources officielles consultées ne fixaient aucune date pour les prochaines élections fédérales. La Commission nationale indépendante des élections et des frontières, communément appelée NIEBC et aussi désignée par GMDQS, est l’autorité constitutionnelle indépendante chargée des élections et des frontières. La loi no 26 du 21 novembre 2024 lui confie l’inscription des électeurs, le tracé des circonscriptions, l’organisation des élections, la supervision des partis, l’information du public, le décompte des voix, les résultats préliminaires et officiels, ainsi que les plaintes électorales. Ses membres exercent un mandat de six ans et rendent compte au Parlement fédéral. Le Parlement fédéral légifère et supervise le processus, tandis que la Cour suprême statue en dernier ressort sur les litiges électoraux. Le ministère de l’Intérieur assure la coordination politique et administrative. Les États membres de la fédération, le SSC-Khaatumo, le Banadir et les administrations locales contribuent à la mise en œuvre ; les forces de sécurité protègent les bureaux de vote. Les règles varient selon la fonction. Le président est choisi par les électeurs inscrits sur un bulletin unique parmi les candidats de trois partis nationaux, selon un scrutin à la pluralité des voix. Les 275 sièges du Golaha Shacabka sont élus directement au moyen de listes ouvertes et d’une répartition proportionnelle visant à équilibrer voix et sièges. L’Aqalka Sare compte 54 sièges, auxquels s’ajoute la représentation du Banadir ; il est élu directement par les électeurs inscrits dans chaque État membre de la fédération ou au SSC-Khaatumo, avec une répartition proportionnelle et la participation de trois partis nationaux. Les dirigeants des États membres de la fédération et du SSC-Khaatumo, ainsi que leurs adjoints, sont élus directement à la pluralité des voix parmi les candidats de trois partis. Les assemblées des États membres de la fédération et du SSC-Khaatumo, le Golaha Caasimadda et les conseils de district utilisent des listes fermées avec répartition proportionnelle. Les maires et maires adjoints de district, ainsi que le maire et le maire adjoint de Mogadiscio, sont élus directement à la pluralité des voix. Les régions du Nord, les arrangements liés au Somaliland et les sièges des minorités peuvent être soumis à des règles particulières de listes ouvertes ou de scrutin uninominal à un tour. Les listes de candidats doivent respecter un quota de 30 % de femmes et les exigences légales relatives à l’équilibre social et clanique. Pour s’inscrire, un électeur doit être citoyen somalien et avoir au moins 18 ans. La loi exclut les étrangers, les personnes déclarées juridiquement incapables d’exercer leurs responsabilités, les personnes condamnées ou détenues pour une infraction pénale, celles définitivement condamnées pour une infraction électorale au cours des cinq années précédentes et celles dont les droits de vote ont été suspendus par un tribunal. L’inscription est gratuite et s’appuie sur un système biométrique unique d’identification des électeurs. Un électeur ne peut s’inscrire qu’une fois, voter qu’une fois et voter uniquement au bureau de vote associé à son inscription. La NIEBC cite la carte d’identité nationale, un acte de naissance ou un certificat de fin d’études secondaires parmi les pièces d’inscription possibles. L’électeur reçoit une carte d’électeur. Le remplacement d’une carte perdue ou endommagée est payant et doit être demandé au moins 30 jours avant le jour du scrutin. Au plus tard deux mois après la clôture des inscriptions, la NIEBC doit publier une liste électorale provisoire. Elle prépare la liste définitive après examen et la transmet au ministère de l’Intérieur et aux partis politiques au moins 30 jours avant le scrutin. Un comité de sept membres traite les plaintes relatives à l’inscription et doit statuer dans un délai maximal de sept jours. Les données électorales doivent rester confidentielles et être conservées en Somalie. Les candidats doivent déjà être inscrits sur les listes électorales. Pour se présenter au Parlement fédéral, il faut avoir au moins 25 ans, avoir terminé ses études secondaires ou posséder une expérience équivalente, et ne pas avoir été définitivement condamné au pénal au cours des cinq dernières années. Les titulaires de certains postes au sein des États, des services de sécurité, de la justice ou d’organismes publics indépendants doivent démissionner six mois avant de se présenter. Les partis ou associations politiques, appelés Urur Siyaasadeed, désignent les candidats et paient les frais de candidature applicables. Les listes de candidats sont déposées 120 jours ouvrables avant le scrutin. La campagne dure 45 jours et s’arrête 48 heures avant le vote ; le temps de campagne est égal. Les agents de partis, observateurs et médias accrédités peuvent être présents. La NIEBC détermine les bureaux de vote, les lieux et les heures d’ouverture. Les agents vérifient la carte d’électeur, l’identité et l’absence d’un vote antérieur, puis remettent un bulletin tamponné. L’électeur le marque dans un isoloir. Les agents peuvent aider les électeurs qui en ont besoin et une encre indélébile contribue au contrôle du vote. Le président du bureau de vote y maintient l’ordre. Les agents de sécurité restent à l’extérieur, sauf invitation du président. L’absence d’un agent de parti n’empêche pas le vote. Un bulletin est nul s’il ne porte aucune marque, comporte une marque incorrecte ou multiple, ou une marque en dehors de la zone prévue. Le dépouillement commence publiquement dans le bureau de vote en présence des agents des partis. Les agents ouvrent l’urne, lisent chaque vote à voix haute, remplissent les formulaires et les feuilles de traçabilité, séparent les bulletins contestés et affichent le résultat. Le dépouillement devrait s’achever dans les 24 heures. La NIEBC et les forces de sécurité transportent le matériel sous la surveillance des agents des partis. Les autorités de l’État ou du SSC-Khaatumo vérifient et totalisent les résultats avant de les transmettre au niveau central. Après vérification, la NIEBC annonce le résultat officiel dans un délai maximal de 24 heures. Les électeurs et les partis peuvent contester le droit de vote, les candidatures, le déroulement du scrutin ou les résultats. En général, les plaintes doivent être déposées dans les sept jours suivant le résultat et la Cour suprême doit statuer dans les 14 jours ; sa décision est définitive. L’attribution des sièges prend en compte les voix des partis et des candidats, ainsi que les exigences de représentation et d’équilibre clanique. Un siège vacant sur une liste est pourvu par le candidat suivant de la liste de réserve. La formation du gouvernement suit, après l’élection, un processus de coalition ou de majorité prévu par la Constitution de 2026, même si l’articulation détaillée entre la Constitution, la loi électorale et la pratique continue d’évoluer. La mise en œuvre varie en Somalie. En 2025, la NIEBC a inscrit des électeurs au Banadir, au Galmudug, au Hirshabelle et au Sud-Ouest, et le Banadir a organisé cette année-là un scrutin local direct. Le 10 mai 2026, le Sud-Ouest a organisé des élections locales et de représentants d’État dans 13 districts selon le Qof iyo Cod, et les résultats ont été officiellement annoncés. Le déploiement régional de 2026 a été échelonné : la Cour suprême a annulé un résultat au Galmudug et ordonné une nouvelle élection, tandis que le calendrier du Hirshabelle a été révisé. La participation au Puntland, au Jubaland et dans d’autres territoires dépend des accords entre le gouvernement fédéral et les États, de la sécurité et de l’accès effectif de la NIEBC. Le contrôle de groupes armés, les déplacements de population, la faiblesse de la présence administrative, les différends frontaliers, la concurrence entre partis et régions, ainsi que la participation des femmes, des jeunes et des minorités peuvent avoir une incidence importante sur le lieu et les modalités des élections.
Élections en Somalie
Les élections en Somalie désignent le président, les représentants du Parlement fédéral, les responsables des États et les autorités locales, dans le cadre d’une transition d’un système indirect fondé sur les clans et les délégués vers le Qof iyo Cod, « une personne, une voix ». La Constitution de 2026 et la loi électorale nationale no 28/2024 prévoient des élections universelles, directes, libres, égales, secrètes et multipartites, mais leur mise en œuvre reste progressive et inégale. Pour voter, il faut être citoyen somalien, être inscrit à partir de 18 ans et posséder une carte d’électeur ; le vote n’est possible que dans le lieu d’inscription. Le calendrier national et l’accès effectif varient selon le territoire, la sécurité, la présence administrative et les accords entre le gouvernement fédéral et les États membres de la fédération.
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