Le Tchad ne possède ni langue vernaculaire ni dialecte standard unique à l’échelle nationale. Une synthèse gouvernementale tchadienne recense environ 120 langues, et les catalogues linguistiques ne délimitent pas tous de la même manière les langues et les dialectes. Parmi les langues régionales figurent le teda, le dazaga et le beria ou zaghawa dans le Sahara et le Nord ; le maba, le tama, le daju et des variétés apparentées au runga à l’Est ; le kanembu, le buduma et des variétés apparentées au kanuri autour du lac Tchad ; le kenga, le dangaleat, le migaama, le sokoro, le bidiya et le mawa au Centre et dans le Guéra ; ainsi que le sar ou sara, le ngambay, le mbay et le laka dans le Sud. Le moundang, le tupuri, le massa, le kera et le nancere comptent parmi les langues utilisées dans le Sud-Ouest et la région du Chari-Logone. Le français est la principale langue officielle de l’administration, de l’enseignement formel, des communications écrites de haut niveau et de nombreuses institutions publiques. L’arabe est également officiel. Les contextes écrits formels et religieux emploient généralement l’arabe formel, notamment l’arabe standard moderne. L’arabe tchadien appartient à un continuum oral de variétés arabes et sert largement dans les marchés, les échanges entre groupes et la communication quotidienne, surtout dans le Centre et le Nord. Les contacts avec le français et les langues locales produisent des variations régionales. De nombreuses personnes utilisent une langue locale ou familiale avec l’arabe tchadien et, selon leur formation et leur situation, le français. N’Djaména est très multilingue. Dans le Sud, le sar et le ngambay peuvent relier des communautés au-delà des frontières linguistiques, tandis que le français facilite souvent l’accès à l’enseignement formel et aux institutions de l’État. Aucun jeu de données national exhaustif récent n’établit de pourcentages fiables de locuteurs pour toutes les langues. Les administrations, la justice et les documents officiels ou internationaux utilisent le français et l’arabe. L’accès dans les langues locales dépend souvent de personnel bilingue, de médiateurs communautaires ou d’une interprétation ponctuelle. Le Tchad ne dispose d’aucun registre national vérifié des droits administratifs liés aux langues locales, des interprètes, des tarifs standard ou des délais de réponse. La Direction de la promotion des langues nationales travaille aux inventaires linguistiques, à la codification, à la transcription, aux supports pédagogiques, à l’évaluation des programmes et à la reconnaissance des associations linguistiques. Cela ne crée toutefois pas un service uniforme dans les langues locales à travers le pays. La radiodiffusion est dominée par le français et l’arabe. Radio Nationale Tchadienne a une histoire de programmation régionale en arabe standard et dans une dizaine de langues locales, autour de onze, tandis que des stations privées ou régionales peuvent employer les langues parlées dans leurs zones de couverture. Les grilles et la portée actuelles des stations varient et ne doivent pas être déduites d’informations médiatiques anciennes. Les langues locales restent centrales pour l’histoire orale, la musique, les noms, les savoirs coutumiers et l’identité communautaire. Les associations linguistiques, projets d’alphabétisation et programmes préscolaires apportent un soutien non formel ; au Guéra, des activités documentées ont couvert 26 langues régionales, dont 15 utilisées dans des cours d’alphabétisation. Le français et l’arabe dominent les échanges civiques formels, juridiques et écrits avec l’État. La radio en langues nationales, l’alphabétisation des adultes et la médiation communautaire peuvent élargir l’accès lorsque la maîtrise écrite des langues officielles est limitée. Un décalage entre la langue d’une institution et celle comprise par une communauté peut restreindre l’accès à l’information publique, à la justice, à l’éducation, aux services de santé et à la participation civique. La Constitution tchadienne protège les droits culturels ainsi que le patrimoine artistique et littéraire, mais aucun droit général à des services publics ou à des interprètes dans les langues locales à l’échelle nationale n’a été vérifié. Le langage des signes tchadien figure dans des catalogues linguistiques, mais son statut officiel et la disponibilité de services publics dans cette langue à l’échelle nationale n’ont pas été vérifiés.
Langue au Tchad
Le Tchad compte deux langues officielles, le français et l’arabe. Les autres langues utilisées localement sont des langues nationales dont l’État doit promouvoir le développement. L’arabe tchadien sert largement de langue véhiculaire orale, surtout dans les régions centrales et septentrionales, mais il ne constitue pas une langue officielle distincte au regard de la Constitution. Les usages linguistiques varient fortement selon les régions : le français et l’arabe formel dominent dans les institutions de l’État, tandis que les langues locales occupent une place centrale dans la vie familiale, la culture et la participation communautaire.
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