Le Tchad est enclavé ; les routes relient donc la plupart des villes entre elles et aux ports extérieurs. Le corridor N’Djaména–Douala, au Cameroun, fait environ 1 700 kilomètres et transporte près de 80 % du trafic d’importation et d’exportation du Tchad. Les chaussées dégradées, les inondations et les interruptions saisonnières allongent les trajets et augmentent les coûts de transport, surtout pendant la saison des pluies. Le Ministère des Infrastructures, du Désenclavement et de l’Entretien Routier, généralement désigné par le sigle MIDER, est chargé des routes, de la connectivité et de l’entretien. Les travaux d’infrastructure actuels comprennent la réhabilitation prévue de 494 kilomètres de routes résilientes aux changements climatiques et l’entretien de 577 kilomètres. Les projets comprennent la route Kyabé–Singako, longue de 72,3 kilomètres, et la liaison Kyabé–Mayo, longue de 49,5 kilomètres, avec un pont de 55 mètres ; leur achèvement est prévu en 2029. Le Projet de connectivité et d’intégration du Tchad couvre également un tronçon de 55 kilomètres de la route transsaharienne entre Liwa et Rig Rig, 12 kilomètres de routes d’accès près de Bol et 50 kilomètres de routes rurales, pour un bénéfice attendu d’environ 3,8 millions de personnes. À N’Djaména, les transports publics du quotidien utilisent des minibus privés, des taxis, des motos-taxis et des véhicules informels souvent appelés clando. Les motos-taxis circulent depuis environ 1990 et desservent certaines rues inaccessibles aux minibus. Historiquement, de nombreux services n’avaient ni arrêts fixes, ni horaires publiés, ni tarifs stables ; les passagers négociaient donc souvent le prix. La desserte des quartiers périphériques est généralement plus faible. Un règlement de 2025 exige des entreprises de transport qu’elles obtiennent un agrément de transport auprès du ministère compétent, s’inscrivent auprès du Comité Multisectoriel de Pilotage du Transport Urbain, reçoivent un numéro d’identification et affichent les couleurs prescrites ainsi que des numéros visibles. Les conducteurs de motos-taxis doivent porter un casque. Le règlement prévoyait une période de mise en œuvre de 60 jours à compter du 7 avril 2026, suivie d’inspections et d’éventuelles sanctions, mais l’application pratique et la couverture peuvent varier. Aucun réseau ferroviaire intérieur ni service régulier de transport ferroviaire de voyageurs n’est documenté de manière fiable au Tchad. Une solution régionale fonctionnelle combine les trains de Camrail depuis Douala via Yaoundé vers Ngaoundéré et un transport routier entre Ngaoundéré et N’Djaména. Le transport aérien est disponible à l’aéroport international N’Djamena/Hassan Djamous et dans certains aéroports intérieurs. Moundou est ouvert au transport aérien public ; les autres liaisons intérieures et leurs horaires peuvent changer. L’aéroport de N’Djaména assure 24 heures sur 24 les services douaniers et de circulation aérienne, l’assistance au sol et la sécurité, et ses procédures publiées autorisent les vols aux instruments et à vue. Le Ministère des Transports, de l’Aviation Civile et de la Météorologie, appelé MTACM, supervise les transports et l’aviation civile ; l’ADAC et l’ASECNA ont aussi des responsabilités en matière d’aviation et d’espace aérien. Les passagers doivent respecter les exigences des compagnies aériennes, de l’aéroport, des douanes, de l’immigration et de la santé ; les tarifs ne constituent pas une norme stable à l’échelle nationale. Le transport fluvial est saisonnier. Le Chari s’étend sur environ 1 200 kilomètres et le Logone sur environ 1 000 kilomètres, tandis que le lac Tchad est peu profond et sert surtout à la navigation de petites embarcations. Des ferries, pirogues et traversées locales circulent dans certaines zones, mais les services restent largement informels. Le niveau de l’eau, les bancs de sable, la végétation et la sécurité influent fortement sur les coûts et les durées de trajet. Un projet de 2025 visait à améliorer la navigation sur le lac Tchad, mais aucune administration nationale de la navigation disposant d’horaires et de tarifs uniques et documentés de manière constante n’existe. Les motos et les véhicules à trois roues jouent un rôle central dans la mobilité quotidienne. Les données de l’OMS pour 2021 recensent environ 420 594 deux-roues et trois-roues motorisés, 130 291 véhicules à quatre roues, 20 737 poids lourds et 9 053 autobus. Les véhicules motorisés doivent être soumis à des inspections périodiques et l’assurance responsabilité civile est légalement obligatoire. Les données nationales n’établissent pas de répartition modale fiable du vélo et de la marche ; aucun réseau national documenté de pistes cyclables ni d’aménagements piétonniers normalisés n’existe. La marche et le vélo restent des options pratiques pour les déplacements locaux ou de rabattement lorsque les transports publics sont faibles. Les règles routières fixent en général la vitesse maximale à 30 km/h en agglomération et à 90 km/h sur les routes rurales et les autoroutes, mais les autorités locales peuvent modifier ces limites. Le taux d’alcoolémie limite est de 0,04 g/dl. La conduite sous l’influence de drogues est interdite, et les conducteurs ne peuvent pas utiliser de téléphone tenu à la main ou en mode mains libres. Les conducteurs et passagers de motos doivent porter un casque sur tous les types de route ; la loi ne précise pas expressément que le casque doit être attaché. Les enfants peuvent voyager comme passagers à partir de cinq ans. La ceinture de sécurité est obligatoire, mais pas pour toutes les places, et le Tchad ne dispose pas d’une loi nationale sur les dispositifs de retenue pour enfants. Aucune règle nationale n’a été identifiée sur les temps de conduite et de repos des chauffeurs professionnels ou sur une garantie de protection des témoins après un accident. La sécurité routière est une préoccupation grave. L’OMS a estimé à 4 533 le nombre de décès dus aux accidents de la route au Tchad en 2021, soit 26,4 décès pour 100 000 habitants ; le chiffre rapporté pour 2018 était de 254 décès. Le Tchad a une stratégie nationale de sécurité routière visant à réduire les décès de 50 %, mais son financement n’était que partiel. Les risques concernent particulièrement les motos-taxis, les piétons et les services informels. Les principaux problèmes environnementaux liés aux transports sont la dégradation des routes, les inondations, l’érosion et la chaleur, plutôt qu’un inventaire national fiable des émissions liées aux transports. À N’Djaména, les travaux de drainage comprenaient le curage de 250 kilomètres de réseau en 2024 et le reprofilage des routes sert à améliorer l’écoulement de l’eau. Le financement de l’adaptation climatique du projet Kyabé–Singako et les investissements dans le drainage, les ponts et les routes praticables en toute saison contribuent à fiabiliser les transports.
Transports au Tchad
Les transports au Tchad reposent principalement sur la route ; minibus privés, taxis, motos-taxis, voitures et camions assurent l’essentiel du transport des passagers et des marchandises. Les transports publics sont en partie formels et en partie informels, et le rail n’a pas d’équivalent direct dans le pays. Les inondations de la saison des pluies, le mauvais état des routes, les problèmes de sécurité et les longues distances peuvent modifier la durée, la disponibilité et le coût des déplacements.
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