La Macédoine du Nord dispose d’un système médiatique établi mais fragmenté. L’AVMU réglemente les médias audiovisuels, tient des registres, délivre des licences et certificats de diffusion, surveille les programmes, organise des consultations publiques et peut émettre des avertissements ou engager des procédures pour infraction en cas de violations répétées. Le ministère de la Transformation numérique définit la politique des médias et du numérique ainsi que le cadre juridique. Le radiodiffuseur public MRT exploite MRT 1, MRT 2, MRT sat, MRT Sobraniski et les services de Radio macédonienne. Sa planification pour 2026 prévoit des programmes télévisés en macédonien et en albanais, du sport, des documentaires, des contenus communautaires et des programmes pour enfants, ainsi que des émissions de radio en macédonien, en albanais, en turc et dans d’autres langues minoritaires. En 2024, MRT a déclaré des recettes d’environ 1 365,55 millions de MKD et des dépenses de 1 266,52 millions de MKD ; les mécanismes légaux de financement ne dissipent pas les préoccupations concernant son indépendance financière et éditoriale. L’accès à Internet est répandu : 90,8 % des ménages disposaient d’un accès à Internet en 2024, et 91,2 % des personnes âgées de 15 à 74 ans utilisaient Internet. La télévision et les réseaux sociaux étaient des sources quotidiennes centrales d’information dans l’enquête de l’AVMU menée du 27 décembre 2025 au 25 janvier 2026. Les portails en ligne constituaient une troisième source majeure, tandis que la radio et la presse avaient une importance moindre. La confiance dans les actualités des réseaux sociaux était faible et une part importante des répondants ne faisait confiance à aucune source médiatique. Les fournisseurs de télévision et de radio doivent obtenir une licence de l’AVMU, généralement délivrée pour neuf ans. Le secteur comptait 89 diffuseurs : 34 chaînes de télévision et 55 fournisseurs radio, parmi lesquels des services nationaux, régionaux et locaux, les services de MRT, des stations commerciales et des radios à but non lucratif. Les licences impliquent des exigences techniques, de locaux, de financement et de personnel ; leur coût exact dépend de la procédure et du fournisseur. L’AVMU supervise aussi la publicité, le parrainage, le placement de produit, les obligations relatives aux programmes et la protection des mineurs. La presse reste disponible, mais son importance pratique est moindre que celle de la télévision et de l’actualité en ligne. L’AVMU tient des informations sur les éditeurs de presse inscrits et supervise notamment la protection des mineurs, la responsabilité éditoriale, les mentions obligatoires et les renseignements relatifs aux publications ou à la propriété. Les éditeurs en ligne peuvent être inscrits au Registre des éditeurs de médias en ligne et des portails Internet. Ce registre consigne le nom et l’adresse de l’éditeur, le responsable, l’URL, le domaine, la propriété, la rédaction et des renseignements économiques. Le registre daté du 11 juin 2026 comptait 11 entrées. L’accès à certains lieux médiatiques privilégiés peut exiger une personne morale, un siège local, un domaine national et au moins deux employés. Aucun tarif médiatique uniforme n’est établi par l’État ; les frais d’inscription et d’exploitation dépendent du service et du fournisseur. Les fournisseurs de câble, d’IPTV, de télévision numérique terrestre et de satellite retransmettent des programmes nationaux et étrangers. Ils doivent obtenir le certificat correspondant de l’AVMU, acquérir au préalable les droits de retransmission et ne distribuer que des bouquets inscrits. Les règles portent sur les mineurs, la pornographie, le territoire de la licence et les langues. Lorsqu’un programme n’est pas diffusé dans sa langue d’origine, des sous-titres en macédonien ou dans la langue d’au moins 20 % des citoyens peuvent être exigés, à l’exclusion de la publicité et du téléachat. Les prix d’abonnement dépendent de l’offre commerciale, du fournisseur Internet et des accords de droits. Les services de vidéo à la demande permettent de choisir dans un catalogue les programmes à regarder au moment souhaité. Les fournisseurs doivent obtenir un certificat de l’AVMU ; le registre comptait quatre entités le 3 février 2026. Ils sont soumis à des règles sur les droits, la durée de disponibilité, la protection des mineurs et les œuvres européennes, qui doivent représenter au moins 30 % du catalogue et bénéficier d’une visibilité appropriée. Les obligations d’accessibilité augmentent progressivement : un catalogue de vidéo à la demande doit comprendre une part accessible de 2 % la première année, puis augmenter de deux points de pourcentage par an. Les prix, les catalogues et la disponibilité dépendent de la plateforme et du territoire de licence ; les recherches disponibles n’établissent pas d’équivalent local direct de Netflix ou de YouTube. L’AVMU ne réglemente pas toute activité sur les réseaux sociaux. Ses règles peuvent s’appliquer aux plateformes de partage de vidéos ainsi qu’aux influenceurs, vloggeurs, créateurs de contenu et YouTubeurs qui agissent comme fournisseurs de vidéo à la demande. L’inscription est requise lorsque le créateur compte plus de 10 000 abonnés ou utilisateurs, reçoit un avantage économique, a publié au moins 24 œuvres audiovisuelles au cours des 12 derniers mois, s’adresse au grand public et assume la responsabilité éditoriale. Les règles couvrent la protection des mineurs, les données personnelles, la publicité, le placement de produit et les principes professionnels. La recherche n’établit ni frais uniformes ni délai de demande ; le respect des règles constitue donc une obligation continue. Selon les sources examinées, les journalistes n’ont généralement pas besoin de licence professionnelle. L’accès passe habituellement par un emploi dans une organisation médiatique, le respect des exigences éditoriales et des mentions obligatoires, ou une accréditation accordée par l’organisateur d’un événement. L’agence de presse publique MIA emploie environ 70 journalistes et 30 correspondants et publie environ 300 à 350 articles par jour en macédonien, albanais et anglais. Le code de déontologie de la ZNM et son Conseil d’honneur assurent l’autorégulation ; toute personne peut déposer une plainte déontologique. Le travail médiatique peut être marqué par la polarisation politique, les liens entre propriétaires et milieux politiques, de mauvaises conditions de travail, les menaces, le harcèlement en ligne, les poursuites stratégiques contre la participation publique et l’autocensure. La liberté d’expression et la liberté des médias sont protégées par la Constitution. La loi sur les médias, la loi sur les services de médias audio et audiovisuels et leurs modifications régissent le secteur. Une personne concernée par des informations fausses, erronées ou partielles peut avoir droit à une réponse ou à une rectification. La loi sur le libre accès à l’information publique autorise les demandes orales, écrites ou électroniques, sans obligation de motiver la demande. Elles sont généralement gratuites, sauf d’éventuels frais matériels ; les plaintes concernant l’accès peuvent être adressées à l’Agence pour la protection du droit au libre accès à l’information publique (ASPI). L’Agence pour la protection des données personnelles (AZLP), l’AVMU, les tribunaux et le parquet traitent différents droits et infractions. La protection des sources journalistiques, la vie privée, le droit d’auteur, les discours haineux et la protection des mineurs peuvent tous influer sur une publication. Les services nationaux de télévision et de vidéo à la demande doivent rendre leurs programmes progressivement accessibles au moyen, par exemple, de sous-titres, de la langue des signes, de l’audiodescription et d’une description textuelle. La télévision nationale devait proposer au moins une émission accessible au moins une fois par semaine pendant la première année. Les fournisseurs remettent un plan d’action annuel pour l’accessibilité avant le 31 décembre de l’année précédente ; les renseignements et les plaintes peuvent être envoyés à dostapnost@avmu.mk. Pendant les élections, MRT et les services télévisés à l’échelle nationale diffusant de la publicité politique payante doivent proposer chaque jour au moins une édition accessible du journal télévisé et chaque semaine un format électoral accessible, dans la plage de 16 h à 24 h. Le public peut participer aux réunions, consultations publiques et consultations sur les registres ou les projets de règlements de l’AVMU en écrivant à contact@avmu.mk. Créé en 2017, le Réseau pour l’éducation aux médias comprend 37 organisations, notamment des ministères, l’Agence du film, l’AZLP, des diffuseurs et des organisations de la société civile ; de nouveaux membres peuvent le rejoindre. L’éducation aux médias figure dans l’enseignement primaire comme matière ou sujet intégré en macédonien, albanais, turc, serbe et bosnien. La Stratégie nationale pour la jeunesse 2023–2027 aborde l’éducation aux médias et au numérique, la désinformation et la formation des enseignants ; elle fixe notamment un objectif de formation de 200 enseignants et un budget de donateurs de 800 000 MKD. La réalisation complète de ces mesures n’a pas été vérifiée. MRT lance aussi des appels publics pour des idées de programmes et des coproductions. Le Conseil d’honneur de la ZNM traite les plaintes déontologiques, l’ASPI les plaintes relatives à l’accès à l’information publique, et l’AVMU propose des procédures de plainte, de réponse et rectification et d’accessibilité. Un code de 2023 sur l’espace en ligne pendant les élections et référendums est volontaire et déontologique ; il n’équivaut pas aux sanctions publiques.
Les médias en Macédoine du Nord
En Macédoine du Nord, les médias comprennent la télévision, la radio, la presse, les portails d’information en ligne, les services de diffusion en continu et les contenus des réseaux sociaux. La télévision et les réseaux sociaux sont d’importantes sources d’information quotidiennes, tandis que les portails en ligne jouent aussi un rôle majeur dans l’information du public. Le secteur réunit des fournisseurs publics et commerciaux, sous la réglementation de l’Agence des services de médias audio et audiovisuels (AVMU), ainsi que des règles sur les droits, la protection des jeunes et l’éducation aux médias.
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