Le Musée national de l’Ouganda conserve des fossiles et des traces de l’histoire humaine ancienne, notamment des haches à main acheuléennes et du matériel archéologique et paléontologique allant des premières périodes jusqu’à environ 500 de notre ère. Les peintures rupestres de Nyero ont plus de 3 000 ans. Parmi les sites plus tardifs de l’âge du fer figurent Ntusi, avec d’épaisses couches de dépôts et une zone d’habitat d’environ un kilomètre carré, et Bigo bya Mugyenyi, dont les terrassements et fossés couvrent environ 10 kilomètres carrés et datent globalement des XIVe au XVIe siècles. Les traditions orales relient certains sites aux Bacwezi ou Chwezi, mais ne constituent pas automatiquement une preuve archéologique. Les sociétés ougandaises se sont développées par les interactions entre des populations bantouphones, nilotiques, soudaniques centrales et kuliakophones. Les migrations, les changements linguistiques et l’assimilation ne se sont pas déroulés selon un mouvement linéaire unique. Du Moyen Âge au début de l’époque moderne, des royaumes centralisés ont exercé une influence particulière dans le sud et l’ouest, notamment le Buganda, le Bunyoro-Kitara, le Tooro, l’Ankole et le Busoga. De nombreuses communautés du nord et de l’est suivaient d’autres formes politiques, fondées sur des chefferies ou plus segmentaires. L’Ouganda n’était pas encore un État unifié. Le Buganda avait consolidé son pouvoir au plus tard au XVIe siècle, même si la chronologie ancienne des traditions de Kintu, Kimera et des Chwezi reste débattue. À Kasubi se trouvent l’ancien palais construit en 1882 et les tombes de quatre Kabaka, à partir de la première inhumation en 1884. Le site montre comment l’histoire politique, l’autorité royale, les pratiques religieuses et la mémoire vivante peuvent se recouper. Les archives des royaumes, les dépositaires des traditions orales et les écrits historiques locaux complètent donc les collections archéologiques au lieu de simplement les répéter. Des commerçants arabes et swahilis ont atteint la région à partir des années 1830. Les expéditions britanniques sur le Nil ont suivi à partir des années 1860 ; les missionnaires protestants sont arrivés en 1877 et les missionnaires catholiques en 1879. Les guerres de religion de 1885 à 1887 ont modifié les rapports de pouvoir. Mwanga a été destitué en 1897 et Daudi Chwa a été installé. La Grande-Bretagne a proclamé le Protectorat de l’Ouganda en 1894, d’abord depuis une position administrative largement fondée sur le Buganda, puis en étendant son contrôle à d’autres territoires. L’accord de l’Ouganda de 1900 a préservé certaines formes d’autonomie du Buganda et organisé les terres, l’impôt et l’administration des chefferies. Le décret en conseil de l’Ouganda de 1902 a mis en place des structures administratives, judiciaires et fiscales coloniales plus larges. La construction du chemin de fer de Mombasa à Kisumu, l’enseignement missionnaire, les cultures de rente, l’imposition, les systèmes de travail et les régimes fonciers ont transformé la société et l’économie. Les accords coloniaux n’ont pas eu les mêmes effets dans toutes les régions. Le Tooro a conclu un accord en 1900, l’Ankole en 1901 et le Bunyoro en 1933. Les agents baganda travaillant hors du Buganda ont contribué à la résistance et au ressentiment, en particulier au Bunyoro. Ces différences expliquent pourquoi l’histoire coloniale ne peut être réduite à un récit centré sur Kampala. Le Conseil législatif, communément appelé LEGCO, a bénéficié d’une représentation élargie de 1945 à 1961. Des élections directes ont eu lieu en mars 1961, l’autonomie gouvernementale a commencé le 1er mars 1962 et l’Ouganda est devenu indépendant le 9 octobre 1962. Une coalition entre le Congrès du peuple ougandais et Kabaka Yekka a porté Milton Obote au poste de Premier ministre et Edward Mutesa II à la présidence. Le référendum de 1964 sur Buyaga et Bugangaizi a donné un résultat contesté. En 1966, la Constitution a été suspendue ou abrogée, le palais de Mengo a été attaqué et Mutesa s’est exilé. La Constitution républicaine de 1967 a élargi les pouvoirs présidentiels et aboli les royaumes. Le Parlement n’a pas fonctionné de 1971 à 1979. Idi Amin a pris le pouvoir lors d’un coup d’État le 25 janvier 1971. Son gouvernement a été marqué par la violence d’État, les disparitions, les massacres et l’effondrement économique. L’expulsion en 1972 de la communauté asiatique d’Ouganda n’a laissé à de nombreuses personnes que 90 jours pour partir et a eu des conséquences économiques et sociales durables. L’invasion de Kagera en 1978 a précédé la chute d’Amin, le 11 avril 1979, après l’avancée des forces tanzaniennes et des exilés ougandais en Ouganda. Un gouvernement intérimaire du Front de libération nationale de l’Ouganda a suivi. Des élections ont eu lieu en 1980 ; la guerre civile s’est poursuivie de 1981 à 1986 ; Obote a été renversé en 1985 par Tito Okello ; l’Armée de résistance nationale et le Mouvement de résistance nationale ont pris le pouvoir en janvier 1986. Le gouvernement du Mouvement de résistance nationale a développé le Conseil national de résistance à partir de 1986 et jusque dans les années 1990. Une commission constitutionnelle a été créée en 1988, des élections à l’Assemblée constituante ont eu lieu en mars 1994 et la Constitution a été adoptée le 8 octobre 1995. L’Ouganda a tenu sa première élection présidentielle directe le 7 mai 1996. Le système du Mouvement ou sans parti a perduré jusqu’au référendum du 28 juillet 2005, qui a approuvé le retour au multipartisme. Les premières élections générales multipartites depuis 1980 ont suivi en 2006. Les archives du Parlement et de la Commission électorale constituent une chronologie institutionnelle distincte de l’histoire de l’administration actuelle de l’État. L’Armée de résistance du Seigneur a été active dans le nord de l’Ouganda à partir de 1986, avec d’importantes opérations dans le pays jusqu’en 2006. Le conflit a entraîné des déplacements massifs, des enlèvements et le recrutement d’enfants ; environ 1,8 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays pendant cette période. Le processus de paix de Juba a commencé en 2006. Le renvoi à la Cour pénale internationale en 2004 et le procès de Dominic Ongwen font partie du dossier judiciaire. D’autres conflits impliquant les Forces démocratiques alliées, le Nil-Occidental et d’autres groupes armés ont relié l’histoire de l’Ouganda aux événements en République démocratique du Congo, au Soudan, au Soudan du Sud et en Tanzanie. La recherche et l’accès du public relèvent de différentes institutions. Le ministère du Tourisme, de la Faune et des Antiquités, son Département des musées et des monuments, le Musée national de l’Ouganda, les universités, les institutions des royaumes, les Archives nationales de l’Ouganda, le Parlement et la Commission électorale conservent différents types de documents. Les collections des musées sont généralement accessibles au public, tandis que les archives de recherche et les collections spéciales peuvent nécessiter un rendez-vous. L’accès aux sites patrimoniaux et archéologiques peut dépendre des règles du site et d’autorisations. Les tarifs d’entrée et les horaires peuvent changer, et les informations des musées ont comporté des incohérences liées à des rénovations ; il convient donc de vérifier directement les détails à jour. La loi sur les musées et monuments de 2023 fournit le cadre actuel de protection du patrimoine identifié dans les documents de recherche, en coopération avec l’UNESCO. L’interprétation historique doit distinguer la mémoire dynastique orale, les découvertes archéologiques, les archives administratives coloniales, les récits d’État et la documentation sur les droits humains. Les bilans de décès rapportés et les responsabilités dans les violences doivent être attribués aux sources pertinentes plutôt que présentés comme des chiffres incontestés. Les catégories coloniales de hiérarchie ethnique et sociale exigent également une lecture critique. Les élections présidentielles et parlementaires du 15 janvier 2026 et la prestation de serment du 12e Parlement du 13 au 15 mai 2026 prolongent l’histoire institutionnelle de l’Ouganda jusqu’au terme de la période couverte par la recherche.
Histoire de l’Ouganda
L’histoire de l’Ouganda couvre les premiers peuplements humains, les sociétés de l’âge du fer, les royaumes régionaux, la domination coloniale, l’indépendance, les conflits politiques et les débats toujours en cours sur la mémoire. Les sources comprennent l’archéologie, la paléontologie, les traditions orales, les histoires locales et dynastiques, les archives coloniales, les documents parlementaires, les musées et les rapports sur les droits humains. Elles ne forment pas un récit national unique : il faut comparer les perspectives du Buganda, du Bunyoro, de l’ouest, du nord, de l’est et d’autres régions.
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