L’agriculture constitue le principal moyen de subsistance de la plupart des ménages. Selon la définition et la source, les estimations disponibles situent sa part entre environ 60 % et 70,5 % de l’emploi ou du revenu des ménages ; ces chiffres ne correspondent pas à une mesure nationale harmonisée de la population active. Le travail rural comprend l’agriculture, l’élevage et la production de subsistance. Le travail urbain associe souvent petites entreprises familiales, commerce de marché, travail occasionnel et services personnels à l’agriculture. Les services sont plus présents à Juba et dans d’autres villes, tandis que Yambio et Rumbek restent davantage tournées vers l’agriculture et qu’Aweil et Wau ont une activité commerciale et de services plus forte. Ces comparaisons entre villes reposent sur des données anciennes et limitées ; elles ne constituent pas des classements actuels par État. L’économie formelle comprend l’administration publique, les organisations d’aide et les ONG, le commerce et les services, ainsi que le secteur pétrolier. Le pétrole est technologiquement avancé et essentiel aux exportations et aux finances publiques, mais il crée relativement peu d’emplois locaux directs. L’industrie reste limitée. La plupart des travailleurs sont indépendants, travaillent dans des entreprises familiales ou des marchés, ou occupent des emplois occasionnels. L’emploi formel permanent représente une petite part du travail urbain. Les conflits, les interruptions des exportations pétrolières, la crise budgétaire, l’inflation, les retards de salaires publics, les déplacements, les inondations, les routes dangereuses et l’accès limité au crédit peuvent réduire l’emploi ou pousser les ménages à reprendre l’agriculture et les travaux occasionnels. Entre 2020 et 2023, des programmes comme le projet de filet de sécurité du Soudan du Sud ont créé des possibilités de revenu temporaires pour 65 045 ménages ; les femmes représentaient 52 % des participants. La population active est jeune ; une politique de formation professionnelle estime qu’environ 72 % des actifs ont moins de 30 ans. Le faible niveau d’alphabétisation et le manque de compétences pratiques limitent l’accès aux emplois mieux rémunérés. L’enseignement et la formation techniques et professionnels, souvent désignés par l’abréviation TVET, restent embryonnaires, fragmentés et sous-financés. Les centres de formation professionnelle, les organismes publics et privés et les lieux de travail informels offrent des parcours différents, avec un accès inégal selon la région et les moyens financiers. L’Autorité de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels enregistre les prestataires ; le Conseil national de l’enseignement technique doit examiner et certifier les compétences. Les domaines de formation comprennent l’agriculture, la mécanique automobile, la restauration et l’hôtellerie, la construction, la coiffure, le photovoltaïque solaire, la couture et la confection, ainsi que les compétences de vie. Les politiques visent à développer la formation par compétences, l’apprentissage en milieu de travail, la certification, la reconnaissance des compétences et les liens avec les besoins des employeurs. La loi sur le travail de 2017 prévoit des services de l’emploi sous l’autorité compétente et confie leur supervision au Bureau du commissaire au travail. Les demandeurs d’emploi et les personnes changeant d’emploi doivent généralement s’inscrire ; l’inscription est gratuite, le certificat devrait être délivré sous trois jours et reste valable jusqu’à un an. Les employeurs recrutent généralement par l’intermédiaire du service de l’emploi, mais peuvent choisir eux-mêmes une personne qualifiée après 14 jours ouvrables. Leur utilisation et leur efficacité à l’échelle nationale sont mal documentées ; les réseaux personnels et contacts informels demeurent donc essentiels à la mise en relation. Une agence privée de placement doit obtenir une licence du commissaire au travail, normalement valable jusqu’à deux ans, et être inscrite et contrôlée. Le Bureau national des statistiques et l’Organisation internationale du Travail préparent la première enquête nationale sur la main-d’œuvre et les migrations pour 2025-2026. Un prétest à Juba a eu lieu en décembre 2025 et janvier 2026 ; une couverture nationale, rurale-urbaine et par État est prévue. Un système d’information sur le marché du travail doit également soutenir la planification et la mise en relation, mais les séries nationales actuelles sur l’emploi et les salaires restent incomplètes. Le ministère de l’Éducation générale et de l’Instruction, l’Autorité de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels, le Conseil national de l’enseignement technique, les centres de formation professionnelle, le Conseil consultatif du travail, l’Association des employeurs du Soudan du Sud et la Fédération des syndicats des travailleurs du Soudan du Sud contribuent chacun à certains aspects du système du marché du travail. Le Conseil consultatif du travail recommande les niveaux de salaire minimum selon les besoins essentiels, les niveaux généraux de rémunération, le coût de la vie et la productivité ; une révision est prévue au moins tous les deux ans. Les recherches n’ont pas permis de confirmer un montant minimum national actuel ni une publication vérifiée, et l’inflation peut rapidement éroder la valeur des salaires nominaux. Les arriérés de salaires publics sont préoccupants et les comparaisons fiables entre secteurs ne sont pas disponibles. La loi sur le travail s’applique généralement aux employeurs et salariés, mais exclut l’armée, les forces organisées, le personnel de sécurité nationale, les juges, le service diplomatique et les titulaires de fonctions constitutionnelles. Dans le cadre légal disponible, certaines activités, notamment la vente ambulante, le colportage, la conduite, le soutien de bureau et le travail manuel, sont réservées aux ressortissants, même si leur application n’est pas mesurée de façon fiable. Les travailleurs étrangers ont besoin d’un permis de travail. Le Soudan du Sud est à la fois un pays d’origine et de destination pour les migrations professionnelles. Les personnes cherchant un emploi à l’étranger s’inscrivent au niveau national auprès du commissaire au travail. La première politique et le premier plan d’action nationaux sur les migrations de travail ont été validés en 2025, mais leur approbation politique et leur mise en œuvre n’étaient pas établies par les recherches disponibles. Les priorités comprennent l’amélioration des données migratoires, le recrutement équitable, la supervision des agences privées, la reconnaissance des compétences, les voies migratoires régulières, la protection des travailleurs, la protection sociale et l’utilisation productive des avantages de la diaspora et des transferts de fonds. Les perspectives d’emploi varient donc fortement selon le lieu, le secteur, les compétences, le statut légal et l’accès aux réseaux ; les moyennes nationales ne garantissent ni salaire ni emploi.
Marché du travail au Soudan du Sud
L’agriculture, les activités de subsistance et le travail informel dominent le marché du travail sud-soudanais ; le commerce, les services personnels, l’administration publique, les organisations humanitaires et le pétrole soutiennent des segments formels plus restreints. Des institutions formelles de mise en relation existent, mais l’accès à un emploi rémunéré stable reste limité par l’insécurité, l’inflation, la faiblesse de la demande, les déplacements, le mauvais état des routes et le manque de capitaux. Les pénuries de compétences sont répandues et les données nationales fiables sur l’emploi et les salaires sont encore en cours d’élaboration.
VivAVia peut faire des erreurs. Vérifie les informations importantes.

